Cross Game

Niveau de spoil : léger

Ichiyo, Wakaba, Aoba et Momiji sont les quatre filles du gérant d’un centre d’entrainement de baseball. Au grand dam d’Aoba, Wakaba est amoureuse de Kou dont la famille tient un magasin d’articles de sport. Leurs vies d’enfants insouciants prennent fin lorsque Wakaba se noie lors d’un camp d’été. Le dernier rêve qu’elle a fait et qu’elle a partagé avec ses amis voyait Kou et Aoba jouer un match de baseball au mythique stade Koshien.
Arrivés au lycée, les deux adolescents vont tout faire pour que le rêve de Wakaba devienne réalité.

Même si mes deux passions sont le sport et les manga, je n’avais jamais lu/vu du Adachi qui est une référence dans le shônen sportif. C’est maintenant chose faite et l’expérience a été concluante tant Cross Game m’a laissé une bonne impression.

Ce n’est pas vraiment au niveau du graphisme que cet anime se démarque. Comme le baseball est un sport plutôt statique, la réalisation n’a pas été très exigeante avec l’animation.  Sa fluidité n’étant pas requise pour les matchs, on reste donc dans du classique.

Je ne suis pas non plus emballé par le charadesign. J’avoue que je ne suis pas vraiment fan du style d’Adachi, je trouve que ses personnages se ressemblent beaucoup trop (Kou et Aoba ont l’air d’être des jumeaux).  Du coup, pour les différencier d’avantage, pas mal de persos secondaires se retrouvent avec des tronches impayables.

Comme pour l’animation, le doublage ne se démarque ni en bien ni en mal. Pour chipoter un peu, je dirais même que la doubleuse d’Aoba reste trop dans le registre tsundere. La musique quant à elle nous gratifie de quelques thèmes de grande qualité. Même si je préfère des génériques plus énergiques, ceux de Cross Game correspondent parfaitement à l’ambiance calme de cet anime.

Non, le gros point fort de cet anime est surtout l’écriture, quelque chose qui m’afflige souvent dans l’animation japonaise. Ici elle est admirable, on surf entre sport, drame et romance sans jamais tomber dans un cliché.

Les matchs sont réalistes tout en étant passionnants à suivre. Certes les performances des lanceurs sont exagérées mais on n’assiste pas à des retournements de situation abracadabrantesques comme c’est trop souvent le cas dans les shônens sportifs. Jusqu’à la dernière seconde, le téléspectateur est incapable de prédire l’issue du match. Et oui, le long chemin vers le Koshien est truffé d’embuches et le résultat final est tout sauf évident.
Daimon est une exception, son rôle d’entraineur qui se fiche de la santé de ses joueurs a déjà été vu de trop nombreuses fois auparavant. Mais tous les autres personnages sonnent juste à tel point qu’on aurait aimé que d’autres membres de l’équipe soient aussi développés que Kou, Azuma et Akaishi.

En lisant le synopsis, on peut craindre de tomber sur du pathos bien gras. Cross Game évite pourtant cet écueil avec brio malgré l’omniprésence de Wakaba, un personnage disparu à la fin du premier épisode. Difficile de ne pas faire le rapprochement avec Regatta : les deux personnages principaux ont perdu un être cher dont ils ont énormément de mal à faire le deuil (Kou continue à offrir tous les ans un cadeau d’anniversaire à Wakaba qu’il range dans une petite boîte). Pourtant, contrairement à l’œuvre de Hara Hidenori, on ne ressent pas le mal de vivre chez Kou et Aoba. En effet, ces derniers étant entourés d’amis pour l’un et de sa famille pour l’autre, ils sont obligés de continuer d’avancer dans la vie : il est plus difficile de décrocher quand vous êtes entourés de proches qui comptent sur vous.

J’ai parlé de romance plus haut mais le mot parait finalement exagéré : si vous pensez que les deux héros vont s’avouer leur amour devant un soleil couchant, vous risquez d’être déçus. Kou et Aoba se connaissent depuis toujours mais la nature de leurs sentiments réciproques est difficile à évaluer. Là encore, on ne tombe pas dans le cliché vu et revu de deux personnages se tournant autour durant 50 épisodes. S’appréciant et se détestant à la fois, c’est paradoxalement l’avis des autres personnages qui leurs feront prendre conscience des qualités de l’autre. Seule la scène finale lèvera tous les doutes qu’on peut avoir sur leur relation.

Cet équilibre parfait entre tous ces genres repose en grande partie sur Aoba. Rarement un personnage aura été si indispensable à la construction de l’histoire car elle est au cœur de toutes les storylines. Si elle ne peut pas participer aux matchs (une fille ne peut pas jouer avec des garçons au lycée), elle est l’âme de l’équipe. Elle est le modèle absolu de Kou qui recopiera à l’identique tous ses mouvements de lanceurs. Sa diligence à l’entrainement, sa loyauté envers l’équipe, ses différents dilemmes ne peuvent qu’entrainer la sympathie du téléspectateur. Dotée d’une personnalité bien plus complexe qu’elle n’y parait (non ce n’est pas une énième tsundere), elle est véritablement un modèle de construction subtil.

 

Avec ses personnages attachants et surtout son récit parfaitement maitrisé, Cross Game est une excellente série qui montre que oui, un shônen sportif a le droit d’être réaliste et intelligent.

 

Regatta

Niveau de spoil : aucun

Lorsqu’on parle de mangas sportifs, nous viennent à l’esprit Captain Tsubasa, Slam Dunk, Touch, Prince of Tennis etc… Bien naturellement, les œuvres les plus connues concernent les sports les plus connus. Mais certains décident d’aborder d’autres sports moins populaires que le foot, le basket ou le tennis. C’est le cas de Regatta qui, comme son nom l’indique,  nous parle de reg…d’aviron. Oui oui d’aviron. Apparemment, « regatta » est un terme ancien désignant les courses de bateau, entre-autres d’aviron. C’était le point culture du jour.

Regatta raconte l’histoire d’Osawa, un jeune prodige de l’aviron. En première année universitaire, il formait une paire très prometteuse avec son partenaire et ami Kurata, se jurant d’aller ensemble aux jeux olympiques. Hélas, Kurata est décédé au cours d’un accident tragique, laissant sa petite amie Misao et Osawa désemparés. Ce dernier a alors quitté le club durant une année entière, trop peiné pour remonter dans un bateau. Mais lorsque Misao, devenue manager du club de l’université, le supplie de revenir, Osawa accepte finalement de reprendre l’aviron. Mieux : il fait la promesse à Misao qu’il participera aux jeux olympiques en la mémoire de Kurata.

Regatta se démarque de la grosse majorité des mangas sportifs sur plusieurs points. Tout d’abord, le héros n’est pas un inconnu notoire qui a tout à apprendre et qui va gravir une par une les marches vers le succès. Dès le début de l’histoire, on nous montre qu’Osawa a des capacités phénoménales et que, même s’il a une technique limitée, il est déjà un des meilleurs jeunes rameurs du Japon. D’ailleurs, son entraineur dit de lui qu’il est un monstre dès le premier tome.
D’ailleurs, le nekketsu est relativement peu présent dans ce manga. Certes, Osawa fait preuve d’une motivation sans faille mais on ne le voit pas renverser des situations perdues d’avance grâce à son « sang bouillant ». Si sa volonté lui permet de résister à la douleur plus longtemps que ses concurrents, à aucun moment on a la désagréable impression qu’il a un pouvoir magique à l’instar d’un Ippo par exemple. Du coup, Regatta apparait plus réaliste, plus adulte même que la plupart des mangas de ce genre.

On retrouve ce côté mature avec la relation Osawa-Kurata-Misao. Certes, les triangles amoureux sont légions dans les mangas sportifs, les deux hommes s’affrontant pour les beaux yeux de la fille qu’ils aiment. Là où Regatta se différencie, c’est qu’un des deux prétendants est mort. Et bien sûr cela change la donne. Misao et Osawa ont l’impression qu’ils trahiraient Kurata s’ils sortaient ensemble, d’autant plus que la belle est toujours amoureuse de son premier petit copain. Je vous laisse découvrir les circonstances de la mort de Kurata, vous verrez que cela ne fait que complexifier le deuil des protagonistes.

Rarement un mort aura été aussi présent dans un manga que Kurata l’est dans Regatta. Osawa va souvent se recueillir devant les rames de son ami, Misao pense très souvent à lui et le lecteur a droit à de nombreux flashback qui permettent de mieux cerner le personnage. Tout cela installe une ambiance assez nostalgique, les deux héros de l’histoire n’arrivant pas à oublier celui qui n’est plus là. Le lecteur se demandera souvent si Osawa se bat pour respecter la promesse qu’il a faite à la femme qu’il aime, s’il le fait pour accomplir le rêve de son ami ou pour lui même. Vous l’aurez compris, même si l’humour n’est pas totalement absent, Regatta est plutôt à ranger du côté des romances dramatiques.

Un dernier petit mot sur les excellents dessins. Le charadesign a un petit côté vieillot pas désagréable du tout, il se démarque clairement de la production actuelle. On pourra juste reprocher que de profil, les personnages féminins ne ressemblent pas à grand chose. Bref, si tout le monde n’accrochera pas à ce style graphique, personnellement j’aime beaucoup. Par contre, le découpage des cases fera l’unanimité : il est parfait. Les cases sont de tailles différentes, elles se chevauchent, s’encastrent, disparaissent, le tout rendant la lecture très rythmée. Ce découpage parvient même à rendre dynamiques les courses d’aviron, d’ordinaire plutôt statiques. Un dynamisme également retransmis par l’utilisation parfaite des traits de vitesse.

 

Même si le sujet est susceptible d’intéresser peu de monde, Regatta est un manga à découvrir. Les excellents dessins servent une histoire mature, réaliste où le sport et la romance se partagent la vedette. Les passages humoristiques détendent efficacement une atmosphère teintée de mélancolie. Regatta parle intelligemment d’aviron, d’amour et de deuil ; je vous recommande donc chaudement de vous procurer les 6 tomes de cette histoire.

Nekketsu no Ippo

Niveau de spoil : léger

Avant de commencer, je précise que je vais parler de la première saison (2000) et de l’OAV Mashiba vs Kimura. Pourquoi ne pas parler de la seconde saison (2009) ? Parce que j’ai beau avoir bien apprécié cette série, je me suis déjà envoyé 76 épisodes et j’ai envie de faire un break avant de regarder les 26 de la seconde saison.

Ippo est un garçon timide qui se fait brutaliser par 3 voyous de son lycée. Un homme vient un jour à son secours : il s’agit d’un boxeur professionnel, Takamura. Soigné au club de boxe de ce dernier, Ippo montrera une grande aptitude à lancer des coups de poing. Impressionné par sa combativité lors d’un match d’entrainement, le coach Kamogawa propose à Ippo de devenir  boxeur professionnel.

D’une manière générale, je ne suis pas un grand fan du nekketsu. L’idée qu’on peut tout réaliser avec comme seules armes de la volonté et du courage est certes très belle mais totalement irréaliste. Et les plus grands élans de nekketsu peuvent même très rapidement tomber dans le ridicule.

Pourtant, cela ne m’a pas dérangé dans Hajime no Ippo, et ce pour une raison évidente : c’est un anime sur la boxe. Et qu’est ce qu’il y a de plus nekketsu que la boxe ? C’est un des sports où l’entrainement est le plus difficile, il faut surveiller son poids de manière drastique (très bien représenté dans l’anime) et le but du jeu est de mettre le plus de tartes possibles à un adversaire tout en combattant la douleur et la fatigue. Voir les héros de cet anime utiliser leur volonté farouche pour venir à bout de leur adversaire ne m’a donc pas dérangé outre mesure.

                         Nouvelle manifestation du nekketsu : les pupilles vertes !

Bon, ce qui est peu dommage, c’est lorsque les situations deviennent du coup totalement irréalistes. Vous qui lisez mon blog, vous savez que pour certains genres d’anime c’est quelque chose qui me dérange vraiment. Mais c’est encore plus le cas, lorsque cet irréalisme n’apporte rien à la série.

Prenons un exemple précis : pourquoi tous les matchs se terminent par KO ? Le KO est relativement rare en poids plume et voir des matchs se terminer aux points auraient pu apporter quelque chose de plus à la série, un peu de suspens. Au début, c’est plutôt marrant de voir les 2 adversaires finir le match cabossés de partout. Mais c’est comme pour tout : au bout du 10ème combat comme ça, on finit par être lassé, on s’y attend trop.

Bon après, il y a des petits délires du scénariste pas bien méchants et plutôt drôles. Voir un boxeur qui vient de se relever d’un down dire à l’arbitre « arrête de compter ou je te tue », et ce dernier fait reprendre le match comme si de rien n’était, c’était plutôt marrant…ils sont laxistes les arbitres au Japon hein ! Ah et faudrait aussi dire aux scénaristes qu’un mec qui est inconscient peut pas avoir les yeux ouverts, marcher et parler (voir même continuer à combattre)…le pire c’est que ça arrive plusieurs fois dans la série. Difficile de pas facepalmer alors…

Mais les combats justement, qu’est ce qu’ils valent ? Et bien ça dépend surtout des adversaires parce que pour Ippo, c’est un peu toujours le même schéma : « oh mon dieu mon prochain adversaire est trop fort, je pourrais jamais le battre » -> « je m’entraîne quand même comme un taré » -> « je développe une technique » -> « lors du combat, je perds litre de sang »-> « nekketsu time » -> « je gagne par KO ».

     Il sort toujours une phrase de ce genre à mi-combat,  avant de gagner par KO.

En fait, ce sont surtout les premiers adversaires d’Ippo qui rendent les combats vraiment intéressants puisque différents profils de boxeurs sont explorés. Le  prodige de la boxe, rapide et technique mais qui manque de puissance, le tacticien qui n’a pour seule arme que son intelligence, le bellâtre entouré de ses fan girls qui fait preuve de trop d’arrogance, le tueur qui n’hésite pas à faire des coups en douce, le champion en titre qui possède une énorme expérience et bien sûr le bourrin de service.

C’est d’ailleurs ce dernier qui gâche un peu les derniers épisodes d’Hajime no Ippo. Je pense que choisir Sendo comme principal rival d’Ippo était une erreur. Comme je l’ai dit, Sendo est un boxeur qui mise tout sur sa force et son agressivité. Pas de tactique, pas de technique, pas de finesse. Du coup, ses 2 combats contre Ippo sont particulièrement chiants puisque ça se résume à un échange de nekketsu sans grand intérêt (seule exception : le premier et le dernier enchaînement d’Ippo). C’est vraiment dommage parce que si le dernier combat de l’anime avait eu lieu contre d’autres adversaires, on aurait eu un final nettement plus intéressant (Vorg ou Miyata ont autrement plus de classe).

Ah un dernier mot sur les boxeurs : les scénaristes arrivent toujours à glisser un ou deux particularismes chez eux pour casser les clichés. Par exemple, Hayami est certes le beau gosse de service qui se la raconte, mais il s’entraîne comme un taré. Mashiba est le bad guy sadique mais sa situation familiale, quoique peu originale, explique en partie son attitude. Du coup, on s’attache un peu plus aux personnages que si ils n’étaient que des sacs de sable sans charisme.

Et en dehors des entraînements et des matchs ? Hé ben même là, c’est pas mal. Les 3 autres boxeurs du club sont stupides à pleurer et apportent la dose d’humour nécessaire qui permet à Hajime no Ippo d’éviter de tomber dans le shônen lourdingue (je dis ça mais ça vole quand même assez souvent en-dessous de la ceinture). La mère d’Ippo est aussi très importante, vers le milieu de la série, elle est la clé d’un dilemme tout à fait crédible pour ce dernier. D’une manière générale, l’entourage d’Ippo (famille, amis, journalistes) rempli parfaitement son rôle : éviter l’ennui entre 2 combats. Petit bémol toutefois : l’amourette entre Ippo et Kumi (certes craquante) est clichée comme c’est pas possible…

Au niveau du graphisme, le très bon côtoie le très moyen. Les animations des combats sont vraiment dynamiques (même si la puissance des coups est franchement trop exagérée) avec des effets crayonnés du plus bel effet lors des moments clés, notamment lors du combat contre Mashiba. Le charadesign est nettement moins réussi, surtout au début de la série car j’ai l’impression qu’il s’améliore par la suite (ou alors je m’y suis habitué). Par exemple, les coupes de cheveux semblent pour certaines tout droit sorties du début des années 90.

Je n’ai rien de particulier à dire concernant le doublage même si la voix de fausset d’Ippo peut à la longue taper sur le système. Quand aux génériques, on a du très bon et du très mauvais.

Un dernier mot sur l’OAV Kimura vs Mashiba que je conseille de regarder après avoir fini l’anime. On retrouve les mêmes recettes que la série, Kimura remplaçant Ippo comme « nekketsu king ». Même schéma d’épisode, même animation, on aurait pu peut être espérer quelque chose de mieux, ou au moins de différent.

Je vous conseille donc vivement cet anime, ses qualités l’emportant largement sur ses défauts…à condition bien sûr de ne rien avoir contre la boxe, parce que vous allez en bouffer durant les 76 épisodes. Un petite question pour ceux qui ont vu l’anime et lu le manga ? Que vaut ce dernier ? Et sans me spoiler qu’en est-il de la seconde saison ?

Edit : bon, j’ai regardé la seconde saison et je suis vraiment déçu, le mot est faible. Des combats sans intérêt, sans technique avec des adversaires pas du tout charismatiques. La palme revenant au dernier combat interminable et aux scènes venues d’un autre monde (la palme revient aux « esprits » du coach et de ses amis qui « poussent »  Takamura dans le dos pour éviter qu’il ne tombe). Espérons qu’il n y ai jamais de troisième saison…

Rookies, un manga qui roxe !

Si je vous dit « baseball » et « manga », vous penserez sûrement à Touch, le grand classique d’Adachi. Mais relativement peu de gens connaissent Rookies et c’est dommage, tant cette œuvre pourrait être une référence du shônen sportif.

L’histoire est très classique : un jeune prof idéaliste (Kawato) débarque dans une école dont le club de baseball est rempli de voyous puis va les remettre sur le droit chemin grâce à l’amour du sport où ils apprendront des valeurs comme la solidarité, le respect, le dépassement de soi, l’injection de stéroïdes (ah non…)

Bref, un manga qui va sentir bon la sueur, la vraie, la virile, pas celle de ces tapettes de métrosexuels qui font de la muscu juste pour se faire beau lors de la technoparade. Comme dans tout bon shônen qui se respecte, il n’y a d’ailleurs qu’un seul personnage féminin de tout le casting. Elle réussit toutefois à éviter le poste de cruche suprême (aka « chef des supporters ») pour obtenir, plus gratifiant, celui de « manager du club ».

Le résumé peut vous faire penser à GTO. J’ai d’ailleurs souvent vu cette comparaison sur le net, notamment en ce qui concerne une ressemblance Kawato/Onizuka. Sauf qu’en fait pas du tout. Là où Onizuka a des motivations tout sauf pédagogiques, Kawato a toujours voulu être un bon professeur pour le bien de ses élèves. Là où Onizuka passe une cassette vidéo de ses cours pour aller jouer dans une salle d’arcade, Kawato pleure d’émotions en lisant un classique de la littérature japonaise. Et si Onizuka a souvent tendance à faire parler son don pour la bagarre, Kawato encaissera des coups sans broncher (malgré une ceinture noire de karaté). En réalité, Kawato, par son exaltation et ses méthodes anticonformistes ressemble beaucoup plus à Robin Wiliams dans le cercle des poètes disparus.

Mais là où Rookies réussi un véritable exploit, c’est qu’on se prend à trouver passionnantes les rencontres de baseball. Parce que disons le franchement, le baseball est juste le sport le plus chiant au monde. Même si certains matchs  s’étalent sur plusieurs tomes, les rebondissements et les actions d’éclats rythment efficacement les rencontres. Et si comme 99% des français vous ne pigez rien à ce sport, rassurez vous : c’est en lisant Rookies que j’ai appris les règles du baseball.

Ce manga n’est tout de même pas exempt de tous défauts. Le plus gros d’entre eux : l’importance hallucinante que revêt la victoire alors qu’il ne devrait s’agir que d’un sport, un passe-temps de lycéen.

Si j’avais une plus grande connaissance de la japanim’, je ferais d’ailleurs un dossier là-dessus. L’exaltation fanatique que revêt le résultat d’un match me gêne toujours un peu. Petite aparté :

-Dans Captain Tsubasa, ce dernier joue avec une épaule en vrac, risquant ainsi sa future carrière juste pour pouvoir gagner un tournoi de lycéen avec ses copains.

– Dans Jeanne et Serge, les filles subissent les pire humiliations (insultes, coups) de la part de leur entraineur uniquement dans le but de progresser.

– Dans Bamboo Blade, Miya-Miya abandonne le club parce qu’elle pense qu’elle ne  ne battra jamais sa rivale. Le plaisir de passer du temps avec ses amies ? Elle s’en fout !

Et donc, dans Rookies, pour convaincre un médecin d’injecter un antidouleur au lanceur de l’équipe, Kawato aura cette magnifique réplique : « pour mes joueurs, perdre ce match, c’est mourir ! »….carrément ! Ajoutez à cela des mecs qui jouent avec des côtes ou des doigts cassés et vous avez un parfait exemple d’une volonté farouche et du sacrifice individuel au profit du collectif. Glups…je sais pas pour vous, mais moi ça me met mal à l’aise.

‘fin bref, ce défaut étant inhérent à tous les shônens sportifs, je conseille tout de même à tous ceux qui ne connaissent pas Rookies de s’y pencher sérieusement !