Cross Game

Niveau de spoil : léger

Ichiyo, Wakaba, Aoba et Momiji sont les quatre filles du gérant d’un centre d’entrainement de baseball. Au grand dam d’Aoba, Wakaba est amoureuse de Kou dont la famille tient un magasin d’articles de sport. Leurs vies d’enfants insouciants prennent fin lorsque Wakaba se noie lors d’un camp d’été. Le dernier rêve qu’elle a fait et qu’elle a partagé avec ses amis voyait Kou et Aoba jouer un match de baseball au mythique stade Koshien.
Arrivés au lycée, les deux adolescents vont tout faire pour que le rêve de Wakaba devienne réalité.

Même si mes deux passions sont le sport et les manga, je n’avais jamais lu/vu du Adachi qui est une référence dans le shônen sportif. C’est maintenant chose faite et l’expérience a été concluante tant Cross Game m’a laissé une bonne impression.

Ce n’est pas vraiment au niveau du graphisme que cet anime se démarque. Comme le baseball est un sport plutôt statique, la réalisation n’a pas été très exigeante avec l’animation.  Sa fluidité n’étant pas requise pour les matchs, on reste donc dans du classique.

Je ne suis pas non plus emballé par le charadesign. J’avoue que je ne suis pas vraiment fan du style d’Adachi, je trouve que ses personnages se ressemblent beaucoup trop (Kou et Aoba ont l’air d’être des jumeaux).  Du coup, pour les différencier d’avantage, pas mal de persos secondaires se retrouvent avec des tronches impayables.

Comme pour l’animation, le doublage ne se démarque ni en bien ni en mal. Pour chipoter un peu, je dirais même que la doubleuse d’Aoba reste trop dans le registre tsundere. La musique quant à elle nous gratifie de quelques thèmes de grande qualité. Même si je préfère des génériques plus énergiques, ceux de Cross Game correspondent parfaitement à l’ambiance calme de cet anime.

Non, le gros point fort de cet anime est surtout l’écriture, quelque chose qui m’afflige souvent dans l’animation japonaise. Ici elle est admirable, on surf entre sport, drame et romance sans jamais tomber dans un cliché.

Les matchs sont réalistes tout en étant passionnants à suivre. Certes les performances des lanceurs sont exagérées mais on n’assiste pas à des retournements de situation abracadabrantesques comme c’est trop souvent le cas dans les shônens sportifs. Jusqu’à la dernière seconde, le téléspectateur est incapable de prédire l’issue du match. Et oui, le long chemin vers le Koshien est truffé d’embuches et le résultat final est tout sauf évident.
Daimon est une exception, son rôle d’entraineur qui se fiche de la santé de ses joueurs a déjà été vu de trop nombreuses fois auparavant. Mais tous les autres personnages sonnent juste à tel point qu’on aurait aimé que d’autres membres de l’équipe soient aussi développés que Kou, Azuma et Akaishi.

En lisant le synopsis, on peut craindre de tomber sur du pathos bien gras. Cross Game évite pourtant cet écueil avec brio malgré l’omniprésence de Wakaba, un personnage disparu à la fin du premier épisode. Difficile de ne pas faire le rapprochement avec Regatta : les deux personnages principaux ont perdu un être cher dont ils ont énormément de mal à faire le deuil (Kou continue à offrir tous les ans un cadeau d’anniversaire à Wakaba qu’il range dans une petite boîte). Pourtant, contrairement à l’œuvre de Hara Hidenori, on ne ressent pas le mal de vivre chez Kou et Aoba. En effet, ces derniers étant entourés d’amis pour l’un et de sa famille pour l’autre, ils sont obligés de continuer d’avancer dans la vie : il est plus difficile de décrocher quand vous êtes entourés de proches qui comptent sur vous.

J’ai parlé de romance plus haut mais le mot parait finalement exagéré : si vous pensez que les deux héros vont s’avouer leur amour devant un soleil couchant, vous risquez d’être déçus. Kou et Aoba se connaissent depuis toujours mais la nature de leurs sentiments réciproques est difficile à évaluer. Là encore, on ne tombe pas dans le cliché vu et revu de deux personnages se tournant autour durant 50 épisodes. S’appréciant et se détestant à la fois, c’est paradoxalement l’avis des autres personnages qui leurs feront prendre conscience des qualités de l’autre. Seule la scène finale lèvera tous les doutes qu’on peut avoir sur leur relation.

Cet équilibre parfait entre tous ces genres repose en grande partie sur Aoba. Rarement un personnage aura été si indispensable à la construction de l’histoire car elle est au cœur de toutes les storylines. Si elle ne peut pas participer aux matchs (une fille ne peut pas jouer avec des garçons au lycée), elle est l’âme de l’équipe. Elle est le modèle absolu de Kou qui recopiera à l’identique tous ses mouvements de lanceurs. Sa diligence à l’entrainement, sa loyauté envers l’équipe, ses différents dilemmes ne peuvent qu’entrainer la sympathie du téléspectateur. Dotée d’une personnalité bien plus complexe qu’elle n’y parait (non ce n’est pas une énième tsundere), elle est véritablement un modèle de construction subtil.

 

Avec ses personnages attachants et surtout son récit parfaitement maitrisé, Cross Game est une excellente série qui montre que oui, un shônen sportif a le droit d’être réaliste et intelligent.

 

Lectures estivales

Pour pas mal de raisons, je ne suis pas un grand fan des scantrads. Contrairement à certains confrères blogueurs, je doute qu’un jour les mangas numériques remplaceront les mangas papier. Le contact du livre ainsi que la facilité pour regarder les détails d’une page sont irremplaçables, quelque soit la technologie. De plus, si on peut émettre des doutes sur la qualité du doublage des animes, j’estime que la plupart des mangas édités en France sont bien traduits et bien adaptés. Ce qui est un avantage considérable pour moi, qui possède un bon niveau d’anglais mais qui n’est pas bilingue. Et puis bon, le piratage c’est mal m’voyez…

Mais les scantrads possèdent tout de même un avantage de taille : ils permettent de découvrir des mangas dont on n’aurait jamais entendu parler si on se limitait aux sorties officielles.
Voici 3 œuvres bien sympathiques que j’ai découvert récemment.

Jigokuren – Love in the Hell

Jigokuren – Love in the Hell1

Après un bête accident, Rintaro se réveille un jour en enfer sans comprendre ce qu’il fait là. Il est immédiatement pris en charge par une charmante démone, Koyomi. Celle-ci lui explique que pour pouvoir quitter cet endroit et se repentir de ses péchés, il va devoir souffrir quotidiennement. En enfer, la souffrance est une monnaie qui permet également de s’acheter à manger et des vêtements. Mais Rintaro a un problème : il n’a strictement aucune idée du pêché qui l’a conduit ici. Difficile alors d’accepter sa condition…

Avec des titres de chapitres comme « The Hell of Breasts », « The Hell of Hot Springs » ou « The Hell of Bukkake », on se doute qu’on va se retrouver avec un manga bourré de ecchi. Et effectivement, nos démones sont très courtes vêtues. De plus, le gore est omniprésent puisque Rintaro (et d’autres) vont subir moult tortures. Du ecchi et de la violence : à priori rien de bien engageant. Pourtant les 3 tomes de Jigokuren valent le détour. Il convient de préciser qu’il s’agit  d’un manga essentiellement humoristique, la violence prête plus à rire qu’à détourner le regard (à l’instar d’un Ebichu par exemple). Le charadesign est excellent et les personnages, s’ils ne sont pas des modèles de complexité psychologique, sont foncièrement sympathiques.  De plus, la révélation du pêché qu’à commis Rintaro en surprendra plus d’un, tant celle-ci est sérieuse et tranche avec le ton léger du reste du manga.

À qui je conseille Jigokuren ? À ceux que le ecchi et la violence ne rebutent pas.

Gangsta

Ergastulum n’est pas vraiment un paradis touristique : mafias, gangs, police corrompue, voyous en tout genre gangrènent cette ville. Et au milieu de tout ce chaos, une agence un peu particulière : Benriya. Derrière ce nom ce cache un duo explosif composé de Worick, un gigolo amateur d’armes à feu et de Nicolas, un mercenaire sourd-muet. Si on les payent suffisamment bien, ces derniers se chargeront de vous débarrasser de n’importe quels gêneurs…

Le synopsis laisse penser qu’on a affaire à une histoire classique de gentils tueurs contres des méchants tueurs. Mais ce qui m’a attiré immédiatement dans ce manga, c’est le côté très mature même pour un seinen. Par exemple, les deux personnages principaux, badass à souhait, ont plus de 30 ans (soit un âge canonique pour des héros de manga). Leur secrétaire, une gentille fille qu’ils ont recueilli au cours d’une de leur mission est loin de l’ado pure et naïve : c’est une ancienne prostituée violentée qui à recours à la drogue pour oublier ses vieux démons. Les relations entre ces trois individus abimés par la vie est sans doute ce qu’il y a de plus intéressants dans cette œuvre, bien plus que les combats anecdotiques.

À qui je conseille Gangsta ? Aux amateurs de mecs cools et de jolies poupées.

Melty Blood X

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Sion et Satsuki étant devenues vampires, elles doivent vivre en dehors de la société. Rejointe par Ries, les trois amies décident de former la Back Alley Alliance. Sion, constatant les difficultés que représente la vie de sans-abris, décide d’utiliser ses capacités alchimiques pour créer une maison où l’alliance pourra couler des jours heureux. Le plan est simple : un robot construit par Sion effectuera cette tâche de manière autonome selon les désirs de Satsuki et de Ries. Mais lorsque le trio revient de promenade, elles constatent qu’une gigantesque pyramide se tient en lieu et place de l’allée…apparemment, il y a eu une légère erreur de calcul…

Pour ceux n’ayant pas eu la chance de jouer à cet excellent doujin game, Melty Blood est un jeu de combat faisant suite à la visual novel Tsukihime. Ce jeu avait déjà fait l’objet d’une adaptation catastrophique qui semblait d’avantage avoir été commise par des amateurs que par des pros. Et justement, ce sont des amateurs qui ont dessiné Melty Blood X, en ayant cette fois décidé de jouer à fond sur le ton de la comédie. Et ça marche ! Ho bien sûr, on est pas plié en deux à chaque page mais on sourit de nombreuses fois devant ce joyeux délire qui n’est pas sans rappeler Carnival Phantasm. Et surtout le charadesign est excellent, les personnages affichant des trognes impayables.

À qui je conseille Melty Blood X ? Aux fans du nasuverse et/ou du jeu Melty Blood.

Je me doute que peu d’entre vous ont déjà lu ces œuvres. Si vous me faite confiance, allez les lire et si le cœur vous en dit, venez me dire dans les commentaires ce que vous en avez pensé…

Crows

Niveau de spoil : léger

En général, je ne suis pas fan des classifications toutes faites. Sans même parler de shônen, shôjo ou seinen, ranger chaque manga dans un tiroir me contrarie un peu. Les étiquettes « manga de romance », « manga historique », « manga de baston » ne veulent pas dire grand chose : par exemple, comment classer Rurouni Kenshin qui correspond à ces 3 catégories ?
Il existe tout de même une exception : les mangas de voyous (j’ignore s’il y existe un terme japonais) qui répondent à peu près tous au même schéma.
Analyse de Crows, un modèle du genre.

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Le lycée pour garçon Suzuran a la terrible, mais justifiée, réputation de regrouper les pires délinquants du quartier. Les gens le surnomment pour cela « le lycée des corbeaux (Crows) » tant croiser un de ses élèves est signe de mauvaise augure. Bouya Harumichi, s’il a l’apparence d’un idiot maladroit, est un redoutable bagarreur. Nouvellement transféré dans ce lycée, il ne tardera pas à se faire une réputation de terrible combattant. N’importe où ailleurs, il serait respecté et craint pour cela. Mais pas à Crows, où une telle réputation donne surtout envie aux pires voyous de le défier…

Un héros très fort

À l’inverse de certains mangas sportifs où le personnage principal est un débutant qui va améliorer ses capacités petit à petit (du genre Ippo), le héros du manga voyou est la plupart du temps très fort dès le départ. C’est le cas de Bouya Harumichi qui montre dès le premier tome l’étendue de son talent. On ne saura d’ailleurs jamais d’où vient sa force car, indiscipliné comme il l’est,  on a du mal à l’imaginer prendre des cours dans un dojo. Toutefois même s’il parvient à éliminer ses adversaires très rapidement, quelquefois en un seul coup, il n’a pas cette aura d’invincibilité qui pourrait rendre ennuyeuse tous ses combats. La faute à Rindaman, un personnage qui a la réputation d’être incroyablement fort. Et sans trop dévoiler l’histoire, je peux révéler que oui, Harumichi connaitra le goût de la défaite.

…et très sympa

Harumichi déclare de façon grandiloquente que s’il adore se battre, il n’est en aucun cas un délinquant. Il préfère se battre en un contre un et sans arme. Il aide les gens en danger. Il venge ses amis qui se sont fait tabasser en faisant une tête de mec très en colère. Bref, c’est un tendre voyou. Cela s’explique scénaristiquement car comme je le développerais plus tard, il a besoin de fédérer autour de lui. Et un connard ne fédère pas bien sûr (comme dans tous les mangas de ce genre, on n’échapperas pas au « tu es très fort mais les gens ne te respectent pas car tu n’es pas respectable »). Rajoutez à ça de la maladresse et de l’humour et vous obtiendrez toutes les  ficelles pour s’accaparer la sympathie du lecteur.
C’est gros mais ça marche alors…

Des ennemis de plus en plus puissants et de plus en plus nombreux…

Que chaque bad guy soit systématiquement plus fort que le précédent, c’est quelque chose qu’on voit dans toutes les œuvres de fiction assez longues. Difficile de remplir 25 tomes si notre héros bat dès son premier combat « The best in the world ». Par contre, l’augmentation de la taille de la bande ennemie est un classique du manga de voyou. Dans Crows, Harumichi commence par mater les voyous de son lycée, puis de son quartier, de la ville etc…Arrivé au volume 36, il va se voir confronté au plus grand gang du Japon. Carrément. J’ai hâte d’être au volume 50 où il va partir aux States se fritter avec les Crips et les Bloods…

…mais qui vont se rallier à la cause du héros.

Bah oui parce qu’aussi forts et nombreux qu’ils soient, la grande majorité d’entre eux finira par être battu par le héros. Et à ce moment là, soit ils se mettront carrément sous les ordres d’Harumichi soit ils deviendront des « sympathisants », des mecs prêt à prêter leurs muscles au cas où. Si on prend en compte le précédent point (augmentation du nombre d’ennemis) , on pourrait alors craindre de voir une escalade du nombre de belligérants :  4 contre 4, 8 contre 8, 16 contre 16 etc…
Mais c’est oublié que les héros de ce genre de manga sont de bonnes âmes, Harumichi ne faisant pas exception. Il préfèrera se battre seul afin d’éviter que ces amis soient blessés. Ce qui renforcera encore sa côte de sympathie auprès du lecteur, ainsi que son charisme auprès des mecs qu’il va battre et qui le rejoindront alors…C’est bien foutu hein !

Nous l’avons vu, Crows rempli parfaitement le cahier des charges. Mais ce manga est également doté de qualités qu’on ne retrouve pas toujours dans des œuvres de ce genre. Contrairement à un Shonan Junaï Gumi, le temps qui passe est un facteur très important dans la trame scénaristique de Crows. Les personnages vieillissent, songent à leur avenir, les troisièmes années quittent le lycée et sont remplacés par des premières années aux dents longues. Il y a une vraie réflexion sur la futilité de ces bagarres de lycéen, certains personnages ne cachant pas leur malaise vis-à-vis de leur avenir…De plus,  un évènement dramatique se produira, évènement qui conduira à une remise en cause de tous ces voyous.
L’histoire va donc un plus loin que de simples bastons de rue ce qui évite au lecteur une certaine lassitude.

Un mot rapide sur le dessin qui est excellent. On peut assister à une variation de qualité dans les 2-3 premiers tomes mais par la suite tout est parfait. Certes ce n’est pas du Sadamoto, mais le charadesign est de bon niveau, les voyous ayant chacun une gueule reconnaissable entre mille. C’est une bonne chose étant donné le nombre important de personnages, surtout que certains d’entre-eux disparaissent pendant plusieurs tomes avant de revenir sur le devant de la scène. Les combats sont également très réussis, parfaitement fluides : on comprend toujours qui fait quoi et les différents styles (boxe, karaté, etc…) sont bien retranscrits.

 

Sous ses allures de manga très premier degré, Crows se révèle bien plus intelligent qu’il n’y parait. L’auteur sait alterner efficacement l’humour et la bagarre. Les personnages, sympathiques et charismatiques, sont autre chose que des bagarreurs sans cervelle. Si vous êtes fans du genre,  je vous conseille donc vivement la lecture de Crows.

Nekketsu no Ippo

Niveau de spoil : léger

Avant de commencer, je précise que je vais parler de la première saison (2000) et de l’OAV Mashiba vs Kimura. Pourquoi ne pas parler de la seconde saison (2009) ? Parce que j’ai beau avoir bien apprécié cette série, je me suis déjà envoyé 76 épisodes et j’ai envie de faire un break avant de regarder les 26 de la seconde saison.

Ippo est un garçon timide qui se fait brutaliser par 3 voyous de son lycée. Un homme vient un jour à son secours : il s’agit d’un boxeur professionnel, Takamura. Soigné au club de boxe de ce dernier, Ippo montrera une grande aptitude à lancer des coups de poing. Impressionné par sa combativité lors d’un match d’entrainement, le coach Kamogawa propose à Ippo de devenir  boxeur professionnel.

D’une manière générale, je ne suis pas un grand fan du nekketsu. L’idée qu’on peut tout réaliser avec comme seules armes de la volonté et du courage est certes très belle mais totalement irréaliste. Et les plus grands élans de nekketsu peuvent même très rapidement tomber dans le ridicule.

Pourtant, cela ne m’a pas dérangé dans Hajime no Ippo, et ce pour une raison évidente : c’est un anime sur la boxe. Et qu’est ce qu’il y a de plus nekketsu que la boxe ? C’est un des sports où l’entrainement est le plus difficile, il faut surveiller son poids de manière drastique (très bien représenté dans l’anime) et le but du jeu est de mettre le plus de tartes possibles à un adversaire tout en combattant la douleur et la fatigue. Voir les héros de cet anime utiliser leur volonté farouche pour venir à bout de leur adversaire ne m’a donc pas dérangé outre mesure.

                         Nouvelle manifestation du nekketsu : les pupilles vertes !

Bon, ce qui est peu dommage, c’est lorsque les situations deviennent du coup totalement irréalistes. Vous qui lisez mon blog, vous savez que pour certains genres d’anime c’est quelque chose qui me dérange vraiment. Mais c’est encore plus le cas, lorsque cet irréalisme n’apporte rien à la série.

Prenons un exemple précis : pourquoi tous les matchs se terminent par KO ? Le KO est relativement rare en poids plume et voir des matchs se terminer aux points auraient pu apporter quelque chose de plus à la série, un peu de suspens. Au début, c’est plutôt marrant de voir les 2 adversaires finir le match cabossés de partout. Mais c’est comme pour tout : au bout du 10ème combat comme ça, on finit par être lassé, on s’y attend trop.

Bon après, il y a des petits délires du scénariste pas bien méchants et plutôt drôles. Voir un boxeur qui vient de se relever d’un down dire à l’arbitre « arrête de compter ou je te tue », et ce dernier fait reprendre le match comme si de rien n’était, c’était plutôt marrant…ils sont laxistes les arbitres au Japon hein ! Ah et faudrait aussi dire aux scénaristes qu’un mec qui est inconscient peut pas avoir les yeux ouverts, marcher et parler (voir même continuer à combattre)…le pire c’est que ça arrive plusieurs fois dans la série. Difficile de pas facepalmer alors…

Mais les combats justement, qu’est ce qu’ils valent ? Et bien ça dépend surtout des adversaires parce que pour Ippo, c’est un peu toujours le même schéma : « oh mon dieu mon prochain adversaire est trop fort, je pourrais jamais le battre » -> « je m’entraîne quand même comme un taré » -> « je développe une technique » -> « lors du combat, je perds litre de sang »-> « nekketsu time » -> « je gagne par KO ».

     Il sort toujours une phrase de ce genre à mi-combat,  avant de gagner par KO.

En fait, ce sont surtout les premiers adversaires d’Ippo qui rendent les combats vraiment intéressants puisque différents profils de boxeurs sont explorés. Le  prodige de la boxe, rapide et technique mais qui manque de puissance, le tacticien qui n’a pour seule arme que son intelligence, le bellâtre entouré de ses fan girls qui fait preuve de trop d’arrogance, le tueur qui n’hésite pas à faire des coups en douce, le champion en titre qui possède une énorme expérience et bien sûr le bourrin de service.

C’est d’ailleurs ce dernier qui gâche un peu les derniers épisodes d’Hajime no Ippo. Je pense que choisir Sendo comme principal rival d’Ippo était une erreur. Comme je l’ai dit, Sendo est un boxeur qui mise tout sur sa force et son agressivité. Pas de tactique, pas de technique, pas de finesse. Du coup, ses 2 combats contre Ippo sont particulièrement chiants puisque ça se résume à un échange de nekketsu sans grand intérêt (seule exception : le premier et le dernier enchaînement d’Ippo). C’est vraiment dommage parce que si le dernier combat de l’anime avait eu lieu contre d’autres adversaires, on aurait eu un final nettement plus intéressant (Vorg ou Miyata ont autrement plus de classe).

Ah un dernier mot sur les boxeurs : les scénaristes arrivent toujours à glisser un ou deux particularismes chez eux pour casser les clichés. Par exemple, Hayami est certes le beau gosse de service qui se la raconte, mais il s’entraîne comme un taré. Mashiba est le bad guy sadique mais sa situation familiale, quoique peu originale, explique en partie son attitude. Du coup, on s’attache un peu plus aux personnages que si ils n’étaient que des sacs de sable sans charisme.

Et en dehors des entraînements et des matchs ? Hé ben même là, c’est pas mal. Les 3 autres boxeurs du club sont stupides à pleurer et apportent la dose d’humour nécessaire qui permet à Hajime no Ippo d’éviter de tomber dans le shônen lourdingue (je dis ça mais ça vole quand même assez souvent en-dessous de la ceinture). La mère d’Ippo est aussi très importante, vers le milieu de la série, elle est la clé d’un dilemme tout à fait crédible pour ce dernier. D’une manière générale, l’entourage d’Ippo (famille, amis, journalistes) rempli parfaitement son rôle : éviter l’ennui entre 2 combats. Petit bémol toutefois : l’amourette entre Ippo et Kumi (certes craquante) est clichée comme c’est pas possible…

Au niveau du graphisme, le très bon côtoie le très moyen. Les animations des combats sont vraiment dynamiques (même si la puissance des coups est franchement trop exagérée) avec des effets crayonnés du plus bel effet lors des moments clés, notamment lors du combat contre Mashiba. Le charadesign est nettement moins réussi, surtout au début de la série car j’ai l’impression qu’il s’améliore par la suite (ou alors je m’y suis habitué). Par exemple, les coupes de cheveux semblent pour certaines tout droit sorties du début des années 90.

Je n’ai rien de particulier à dire concernant le doublage même si la voix de fausset d’Ippo peut à la longue taper sur le système. Quand aux génériques, on a du très bon et du très mauvais.

Un dernier mot sur l’OAV Kimura vs Mashiba que je conseille de regarder après avoir fini l’anime. On retrouve les mêmes recettes que la série, Kimura remplaçant Ippo comme « nekketsu king ». Même schéma d’épisode, même animation, on aurait pu peut être espérer quelque chose de mieux, ou au moins de différent.

Je vous conseille donc vivement cet anime, ses qualités l’emportant largement sur ses défauts…à condition bien sûr de ne rien avoir contre la boxe, parce que vous allez en bouffer durant les 76 épisodes. Un petite question pour ceux qui ont vu l’anime et lu le manga ? Que vaut ce dernier ? Et sans me spoiler qu’en est-il de la seconde saison ?

Edit : bon, j’ai regardé la seconde saison et je suis vraiment déçu, le mot est faible. Des combats sans intérêt, sans technique avec des adversaires pas du tout charismatiques. La palme revenant au dernier combat interminable et aux scènes venues d’un autre monde (la palme revient aux « esprits » du coach et de ses amis qui « poussent »  Takamura dans le dos pour éviter qu’il ne tombe). Espérons qu’il n y ai jamais de troisième saison…

Soul Eater : tout ça pour ça !

 

Attention : ce billet spoil méchamment ! L’auteur décline toute responsabilité en cas de « non-putain-j’ai-pas-pu-m’empêcher-de-lire-chui-trop-con ! »

Je dois avouer que jamais été un grand fan de shônen. Bleach m’est passé au-dessus, Naruto m’énerve méchamment et One Piece…bon faudra que je me décide un jour à mater au moins un épisode de One Piece quoi…

Mais en tombant sur un AMV génial (vu pour la première fois ici), je me suis dit que j’avais peut être trouvé la perle rare, un shônen violent, glauque et sombre. Et j’avais à moitié raison, car si je me suis vite rendu compte que Soul Eater n’avait rien de sombre, je me suis quand même bien amusé à mater cet anime de 51 épisodes.

Faut dire que visuellement, c’est très impressionnant. L’animation est vraiment fluide, les combats claquent bien. Je regretterai juste ce défaut « shonenesque » : pourquoi les persos se sentent obligés de crier le nom d’une technique avant de l’utiliser ? Parce qu’ils sont fair play vis à vis de leur adversaire ?

Le chara design est très réussi, chaque personnage a son identité propre. On regrettera juste que de profil, ils semblent avoir le nez coupé. Quand aux décors…ils sont juste parfaits ! Afin d’insuffler une ambiance horrifique, les lieux des combats sont minutieusement choisis : un cimetière, une église, une ville en ruine, des souterrains…et la plupart du temps l’action a lieu de nuit ou par temps pluvieux. Si vous ajoutez à ça une Death City qui a des faux airs du Londres de Jack L’éventreur, vous obtenez un univers fantastique très prenant. Et comme je dis toujours, pour faire un bon anime, vous avez besoin de 2 choses : un univers réussi et des personnages intéressants. Et là aussi, Soul Eater a tout bon.

Le duo principal est vraiment attachant. Maka est la petite fille modèle, première de sa classe, sans pour autant être gonflante (et j’adore sa tenue). Elle forme un tandem très complémentaire avec Soul, adepte de la cool-attitude (parfaitement reflété par son seiyu).

Je vais jeter un voile pudique sur Black Star et Tsubaki qui semblent s’être trompé d’anime pour parler directement de Death The Kid. Certes il a un nom ridicule mais possède tout de même une certaine classe (surtout au début de l’anime, par la suite je trouve qu’il devient trop un faire-valoir de Maka). Avec son costume tiré à 4 épingles, ses bagues et les 2 filles qui le suivent en permanence, il ressemble pas mal à un mac…classe je vous avais dit.

Mais le personnage le plus surprenant reste Shinigami qui, par sa fonction de dieu de la mort devrait être un monstre de puissance craint par tous.  Et finalement on se retrouve avec un être difforme d’une nonchalance extrême. On lui doit d’ailleurs  la scène la plus drôle de l’anime.

Au fait, vu son anatomie, je me demande comment il a fait pour avoir un enfant (encore une question que personne d’autre que moi ne se pose…). Pourtant, même si sa personnalité est réussie, je dois avouer que son côté « gros bourrin » ressort mal : 2 combats pour 2 défaites, c’est pas glorieux…

Et enfin il y a la fameuse Médusa,  sorcière ultra charismatique qui représente 90% de l’intérêt de l’anime pour moi. Une sorcière qui arrive direct dans mon top10 des meilleurs méchants. D’une, elle est doublée par la même seiyu que Miya-Miya (Bambo Blade) et Tomoyo (Clannad) ce qui est déjà une preuve de qualité. De deux, son design est génial puisque évolutif. Une jolie blonde élancée qui d’une seconde à l’autre se transformera en une créature au visage hideux.  Et surtout il y a son côté salope. Oui parce qu’il faut le dire, on est en présence d’une véritable garce manipulatrice. La façon dont elle traite son propre enfant, menace Eruka, prend possession d’un nouveau corps (LA scène la plus hardcore de l’anime), tout ça la rend à la fois charmante et détestable. Elle fait partie de ce genre de perso dont on a hâte qu’il apparaisse à l’écran tout en souhaitant qu’il crève dans d’atroces souffrances. Ah ben tiens, sa mort aussi est géniale. En général, lorsque les méchants crèvent, il y a 2 options : la repentance de dernière minute et le côté « nonnnnnnn ! ». Sauf que Medusa, elle crève le sourire aux lèvres en déclarant que « ouais c’est bien de m’avoir tué, mais on va voir ce que vous allez faire contre le démon que J’AI réveillé »…arg, même dans ses derniers instants, elle aura pris tout le monde pour des merdes celle-là…

 

 

D’ailleurs, il faut bien le dire : l’intérêt de la série meurt en même temps qu’elle (soit 6 épisodes avant la fin). Car c’est là le gros défaut de l’anime : la fin est toute moisie. Pour résumer : Maka tue Médusa, Ashura tue Arachne et Maka tue Ashura…cool…

Que le final se concentre sur les 7 héros et sur Ashura, ça parait logique. Mais les autres personnages ? Les 4 deathscythes et les autres étudiants de la shibusen n’ont aucun rôle à jouer, autre que celui d’observateurs. Et quelqu’un a des nouvelles d’Eruka et de Free ? Eux, c’est simple, leur utilité s’est arrêté quand le démon s’est réveillé, depuis ils ne font que de la figuration.

Mais y a encore pire : c’était bien la peine d’introduire Mosquito et Giriko, deux gros bourrins si c’est pour qu’ils se contentent de faire acte de présence lors du grand show final. Comme il n’y a aucun  épilogue durant le dernier générique de fin, on n’a aucune idée de ce qu’ils sont devenus. Des idées ?

Vous avez donc compris que les 2/3 des persos ont été bazardés lors du dernier affrontement. Mais ce ne serait pas problématique si ce dernier était réussi, ce qui n’est pas le cas. Vous connaissez surement beaucoup d’anime où on a l’impression que les scénaristes improvisent, qu’ils ne savent pas ce qu’ils ont prévu pour les épisodes à venir. Et bien là, c’est encore pire, on a l’impression que c’est le dernier épisode dans son ensemble qui est de l’impro…

Au passage : j’ai déjà vu des animes où les héros triomphent grâce à « la force de l’amitié ». Mais que Maka batte le démon grâce au courage, c’est nouveau pour moi…remarquez j’aurais du m’en douter, elle avait déjà battu Crona grâce à la gentillesse. A l’arrivée, c’est bien la peine de se foutre des gnons pendant 51 épisodes s’il suffit d’avoir de bons sentiments…

Il faut noter que l’a diffusion de l’anime a rattrapé la publication du manga ce qui peut expliquer que l’histoire parte en sucette à un certain moment, les scénaristes de Bones étant apparemment moins inspirés que l’auteur  original (car on me souffle à l’oreille que le manga est bien mieux scénarisé que l’anime).

 

Finalement je ne vais pas faire mon rabat-joie : même si les derniers épisodes sont totalement bidons, je garderais quand même un bon souvenir de Soul Eater.

 

Rookies, un manga qui roxe !

Si je vous dit « baseball » et « manga », vous penserez sûrement à Touch, le grand classique d’Adachi. Mais relativement peu de gens connaissent Rookies et c’est dommage, tant cette œuvre pourrait être une référence du shônen sportif.

L’histoire est très classique : un jeune prof idéaliste (Kawato) débarque dans une école dont le club de baseball est rempli de voyous puis va les remettre sur le droit chemin grâce à l’amour du sport où ils apprendront des valeurs comme la solidarité, le respect, le dépassement de soi, l’injection de stéroïdes (ah non…)

Bref, un manga qui va sentir bon la sueur, la vraie, la virile, pas celle de ces tapettes de métrosexuels qui font de la muscu juste pour se faire beau lors de la technoparade. Comme dans tout bon shônen qui se respecte, il n’y a d’ailleurs qu’un seul personnage féminin de tout le casting. Elle réussit toutefois à éviter le poste de cruche suprême (aka « chef des supporters ») pour obtenir, plus gratifiant, celui de « manager du club ».

Le résumé peut vous faire penser à GTO. J’ai d’ailleurs souvent vu cette comparaison sur le net, notamment en ce qui concerne une ressemblance Kawato/Onizuka. Sauf qu’en fait pas du tout. Là où Onizuka a des motivations tout sauf pédagogiques, Kawato a toujours voulu être un bon professeur pour le bien de ses élèves. Là où Onizuka passe une cassette vidéo de ses cours pour aller jouer dans une salle d’arcade, Kawato pleure d’émotions en lisant un classique de la littérature japonaise. Et si Onizuka a souvent tendance à faire parler son don pour la bagarre, Kawato encaissera des coups sans broncher (malgré une ceinture noire de karaté). En réalité, Kawato, par son exaltation et ses méthodes anticonformistes ressemble beaucoup plus à Robin Wiliams dans le cercle des poètes disparus.

Mais là où Rookies réussi un véritable exploit, c’est qu’on se prend à trouver passionnantes les rencontres de baseball. Parce que disons le franchement, le baseball est juste le sport le plus chiant au monde. Même si certains matchs  s’étalent sur plusieurs tomes, les rebondissements et les actions d’éclats rythment efficacement les rencontres. Et si comme 99% des français vous ne pigez rien à ce sport, rassurez vous : c’est en lisant Rookies que j’ai appris les règles du baseball.

Ce manga n’est tout de même pas exempt de tous défauts. Le plus gros d’entre eux : l’importance hallucinante que revêt la victoire alors qu’il ne devrait s’agir que d’un sport, un passe-temps de lycéen.

Si j’avais une plus grande connaissance de la japanim’, je ferais d’ailleurs un dossier là-dessus. L’exaltation fanatique que revêt le résultat d’un match me gêne toujours un peu. Petite aparté :

-Dans Captain Tsubasa, ce dernier joue avec une épaule en vrac, risquant ainsi sa future carrière juste pour pouvoir gagner un tournoi de lycéen avec ses copains.

– Dans Jeanne et Serge, les filles subissent les pire humiliations (insultes, coups) de la part de leur entraineur uniquement dans le but de progresser.

– Dans Bamboo Blade, Miya-Miya abandonne le club parce qu’elle pense qu’elle ne  ne battra jamais sa rivale. Le plaisir de passer du temps avec ses amies ? Elle s’en fout !

Et donc, dans Rookies, pour convaincre un médecin d’injecter un antidouleur au lanceur de l’équipe, Kawato aura cette magnifique réplique : « pour mes joueurs, perdre ce match, c’est mourir ! »….carrément ! Ajoutez à cela des mecs qui jouent avec des côtes ou des doigts cassés et vous avez un parfait exemple d’une volonté farouche et du sacrifice individuel au profit du collectif. Glups…je sais pas pour vous, mais moi ça me met mal à l’aise.

‘fin bref, ce défaut étant inhérent à tous les shônens sportifs, je conseille tout de même à tous ceux qui ne connaissent pas Rookies de s’y pencher sérieusement !