Moe Und Panzer : le pire, c’est que ça marche !

Niveau de spoil : aucun

D’ici quelques années, une nouvelle discipline fera fureur dans les lycées pour filles : l’art du tank (senshado). Tout comme l’art floral, cette pratique uniquement féminine permet d’améliorer la grâce et la force de caractère. Deux équipes dotées de différents tanks de la seconde guerre mondiale s’affrontent donc dans des tournois prestigieux retransmis sur écrans géants. Après une expérience malheureuse comme commandante de char dans son ancienne école, Miho Nishizumi pense être débarrassée du senshado lorsqu’elle débarque à l’académie d’Oarai. Mais son destin va la rattraper et, entourée de ses nouvelles amies, elle va se lancer à la conquête du titre national inter-lycée.

Lorsque cet anime est sorti, je ne voulais pas en entendre parler. Un tankiste de la seconde guerre mondiale, c’est un mec viril, mal rasé et qui pue l’huile de moteur : des lolis dans un panzer IV, quel scandale ! À la limite, on peut en jeter une dans le char pour que l’équipage s’amuse un peu avec elle, après plusieurs mois sans permission, ça peut les détendre. De plus, les quelques batailles que j’avais vues sur YouTube ne m’enthousiasmaient guère.

Mais plusieurs mois après la sortie de Girls Und Panzer, une chose m’a fait changer d’avis : le buzz. Rarement une série aussi courte (12 épisodes) aura provoqué autant de photomontages, de détournements, de fan arts. C’est à travers le jeu World Of Tanks, qui m’accapare une à deux heures par jour depuis 18 mois, que j’ai découvert les perles qui découlaient de cet anime. Sur le forum de WoT, le topic GuP tient pas moins de…2227 pages. On ne compte d’ailleurs plus le nombre de crossover entre ces deux univers, qu’ils soient officiels ou non.

Yalta 2.0

J’ai donc laissé sa chance au produit et je n’ai pas vraiment été déçu (mes attentes étaient de toute façon assez faibles).
En effet, GuP possède deux gros points forts : les graphismes et la bande-son.

La parfaite représentation des chars saute aux yeux immédiatement. Cet anime s’adressant principalement aux military otakus, un maximum d’effort a été porté sur la modélisation de ces monstres d’acier. Aucun détail ne manque, même les moindres caractéristiques techniques ont été parfaitement reproduites.

Les batailles sont au contraire totalement WTF, les capacités réelles des chars passant bien après le besoin de spectacularité. On s’en fout, personne n’attendait quelque chose de réaliste après avoir lu le synopsis. Les batailles sont prenantes et c’est tout ce qui compte. Si la plupart du temps, il s’agit d’affrontements peu intéressants, toutes les batailles comportent des scènes qui m’ont captivé ou amusé : la course poursuite entre les Shermans et les tanks d’Oarai, le raid du Panzer 38(t) contre Pavda, le combat final entre les sœurs Nishizumi etc…

J’ai eu un énorme coup de cœur pour la bande son de Girls Und Panzer. Si les deux génériques sont d’une mièvrerie absolue, le reste de l’OST est remplie de musiques historiques, notamment de la seconde guerre mondiale. Je n’aurais jamais cru entendre The British Grenadiers, Katyusha, le Panzerlied ou Erika dans une série japonaise. J’ignore si c’est parce que je suis un passionné d’histoire ou si c’est parce que j’ai de graves problèmes psychologiques, mais j’ai limite eu les larmes aux yeux lorsque j’ai entendu l’US field artillery march. Même les thèmes originaux de la série sont parfaitement dans le ton.

Bon graphisme, excellente musique… Vous remarquez que je n’ai pas encore souligné les qualités du scénario ? C’est normal, il est totalement naze. On retrouve la sempiternelle histoire d’une petite équipe sans expérience qui, grâce à sa détermination et à la force de l’amitié, finira pas triompher d’adversaires a priori invincibles. Si le scénario est cliché, il en est de même des personnages : la timide niaise, la military otaku, la coodere, la bimbo, la loli etc… Il ne manque que la tsundere pour compléter le tableau des stéréotypes de l’animation japonaise.

Ah et ne cherchez pas de méchants : dans le monde de GuP, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Même une garce sadique finira par féliciter ses adversaires victorieux. J’exclus la mère psychopathe de Miho qui considère qu’il est plus important de remporter un match que de sauver la vie de ses camarades, elle n’apparait pas assez pour avoir un effet sur la série.

Et bien entendu, comme dans toutes les séries de ce genre, on joue à fond la carte du moe pour attendrir le téléspectateur. Sauf que cette fois, j’ai honte de l’avouer, j’ai marché à fond.

Je sais, je suis le premier étonné.

J’ignore pourquoi mais oui, j’ai trouvé toutes ces filles super mignonnes, je me suis attaché à ces personnages pourtant vides de toute complexité. J’ai retrouvé ce que je décrivais dans mon billet sur Fight Girl, à savoir une affection pour les personnages un peu simples d’esprit. Oui les filles de Girls Und Panzer sont niaises mais elles sont habitées par une joie de vivre communicative.

Je vais décrire une scène résumant parfaitement GuP. Yukari et Erwin vont faire une reconnaissance à pied pour découvrir les positions des chars adverses. Reconnaissance qui normalement implique une grande discrétion. Sauf que ces deux charmantes imbéciles chantent en cœur une célèbre marche militaire japonaise. Le tout en jupe et sous la neige. La situation est totalement incongrue mais elles sont tellement adorables, je n’ai pu que craquer.

 

À la fois stupide, drôle, stéréotypé et attachant, j’ai finalement passé un bon moment devant Girls Und Panzer. Pourtant, j’aurais du mal à le conseiller tant il faut vraiment entrer dans le délire pour apprécier cet anime. Faute de quoi, vous vous ennuierez à coup sûr.

 

Lectures estivales

Pour pas mal de raisons, je ne suis pas un grand fan des scantrads. Contrairement à certains confrères blogueurs, je doute qu’un jour les mangas numériques remplaceront les mangas papier. Le contact du livre ainsi que la facilité pour regarder les détails d’une page sont irremplaçables, quelque soit la technologie. De plus, si on peut émettre des doutes sur la qualité du doublage des animes, j’estime que la plupart des mangas édités en France sont bien traduits et bien adaptés. Ce qui est un avantage considérable pour moi, qui possède un bon niveau d’anglais mais qui n’est pas bilingue. Et puis bon, le piratage c’est mal m’voyez…

Mais les scantrads possèdent tout de même un avantage de taille : ils permettent de découvrir des mangas dont on n’aurait jamais entendu parler si on se limitait aux sorties officielles.
Voici 3 œuvres bien sympathiques que j’ai découvert récemment.

Jigokuren – Love in the Hell

Jigokuren – Love in the Hell1

Après un bête accident, Rintaro se réveille un jour en enfer sans comprendre ce qu’il fait là. Il est immédiatement pris en charge par une charmante démone, Koyomi. Celle-ci lui explique que pour pouvoir quitter cet endroit et se repentir de ses péchés, il va devoir souffrir quotidiennement. En enfer, la souffrance est une monnaie qui permet également de s’acheter à manger et des vêtements. Mais Rintaro a un problème : il n’a strictement aucune idée du pêché qui l’a conduit ici. Difficile alors d’accepter sa condition…

Avec des titres de chapitres comme « The Hell of Breasts », « The Hell of Hot Springs » ou « The Hell of Bukkake », on se doute qu’on va se retrouver avec un manga bourré de ecchi. Et effectivement, nos démones sont très courtes vêtues. De plus, le gore est omniprésent puisque Rintaro (et d’autres) vont subir moult tortures. Du ecchi et de la violence : à priori rien de bien engageant. Pourtant les 3 tomes de Jigokuren valent le détour. Il convient de préciser qu’il s’agit  d’un manga essentiellement humoristique, la violence prête plus à rire qu’à détourner le regard (à l’instar d’un Ebichu par exemple). Le charadesign est excellent et les personnages, s’ils ne sont pas des modèles de complexité psychologique, sont foncièrement sympathiques.  De plus, la révélation du pêché qu’à commis Rintaro en surprendra plus d’un, tant celle-ci est sérieuse et tranche avec le ton léger du reste du manga.

À qui je conseille Jigokuren ? À ceux que le ecchi et la violence ne rebutent pas.

Gangsta

Ergastulum n’est pas vraiment un paradis touristique : mafias, gangs, police corrompue, voyous en tout genre gangrènent cette ville. Et au milieu de tout ce chaos, une agence un peu particulière : Benriya. Derrière ce nom ce cache un duo explosif composé de Worick, un gigolo amateur d’armes à feu et de Nicolas, un mercenaire sourd-muet. Si on les payent suffisamment bien, ces derniers se chargeront de vous débarrasser de n’importe quels gêneurs…

Le synopsis laisse penser qu’on a affaire à une histoire classique de gentils tueurs contres des méchants tueurs. Mais ce qui m’a attiré immédiatement dans ce manga, c’est le côté très mature même pour un seinen. Par exemple, les deux personnages principaux, badass à souhait, ont plus de 30 ans (soit un âge canonique pour des héros de manga). Leur secrétaire, une gentille fille qu’ils ont recueilli au cours d’une de leur mission est loin de l’ado pure et naïve : c’est une ancienne prostituée violentée qui à recours à la drogue pour oublier ses vieux démons. Les relations entre ces trois individus abimés par la vie est sans doute ce qu’il y a de plus intéressants dans cette œuvre, bien plus que les combats anecdotiques.

À qui je conseille Gangsta ? Aux amateurs de mecs cools et de jolies poupées.

Melty Blood X

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Sion et Satsuki étant devenues vampires, elles doivent vivre en dehors de la société. Rejointe par Ries, les trois amies décident de former la Back Alley Alliance. Sion, constatant les difficultés que représente la vie de sans-abris, décide d’utiliser ses capacités alchimiques pour créer une maison où l’alliance pourra couler des jours heureux. Le plan est simple : un robot construit par Sion effectuera cette tâche de manière autonome selon les désirs de Satsuki et de Ries. Mais lorsque le trio revient de promenade, elles constatent qu’une gigantesque pyramide se tient en lieu et place de l’allée…apparemment, il y a eu une légère erreur de calcul…

Pour ceux n’ayant pas eu la chance de jouer à cet excellent doujin game, Melty Blood est un jeu de combat faisant suite à la visual novel Tsukihime. Ce jeu avait déjà fait l’objet d’une adaptation catastrophique qui semblait d’avantage avoir été commise par des amateurs que par des pros. Et justement, ce sont des amateurs qui ont dessiné Melty Blood X, en ayant cette fois décidé de jouer à fond sur le ton de la comédie. Et ça marche ! Ho bien sûr, on est pas plié en deux à chaque page mais on sourit de nombreuses fois devant ce joyeux délire qui n’est pas sans rappeler Carnival Phantasm. Et surtout le charadesign est excellent, les personnages affichant des trognes impayables.

À qui je conseille Melty Blood X ? Aux fans du nasuverse et/ou du jeu Melty Blood.

Je me doute que peu d’entre vous ont déjà lu ces œuvres. Si vous me faite confiance, allez les lire et si le cœur vous en dit, venez me dire dans les commentaires ce que vous en avez pensé…

Regatta

Niveau de spoil : aucun

Lorsqu’on parle de mangas sportifs, nous viennent à l’esprit Captain Tsubasa, Slam Dunk, Touch, Prince of Tennis etc… Bien naturellement, les œuvres les plus connues concernent les sports les plus connus. Mais certains décident d’aborder d’autres sports moins populaires que le foot, le basket ou le tennis. C’est le cas de Regatta qui, comme son nom l’indique,  nous parle de reg…d’aviron. Oui oui d’aviron. Apparemment, « regatta » est un terme ancien désignant les courses de bateau, entre-autres d’aviron. C’était le point culture du jour.

Regatta raconte l’histoire d’Osawa, un jeune prodige de l’aviron. En première année universitaire, il formait une paire très prometteuse avec son partenaire et ami Kurata, se jurant d’aller ensemble aux jeux olympiques. Hélas, Kurata est décédé au cours d’un accident tragique, laissant sa petite amie Misao et Osawa désemparés. Ce dernier a alors quitté le club durant une année entière, trop peiné pour remonter dans un bateau. Mais lorsque Misao, devenue manager du club de l’université, le supplie de revenir, Osawa accepte finalement de reprendre l’aviron. Mieux : il fait la promesse à Misao qu’il participera aux jeux olympiques en la mémoire de Kurata.

Regatta se démarque de la grosse majorité des mangas sportifs sur plusieurs points. Tout d’abord, le héros n’est pas un inconnu notoire qui a tout à apprendre et qui va gravir une par une les marches vers le succès. Dès le début de l’histoire, on nous montre qu’Osawa a des capacités phénoménales et que, même s’il a une technique limitée, il est déjà un des meilleurs jeunes rameurs du Japon. D’ailleurs, son entraineur dit de lui qu’il est un monstre dès le premier tome.
D’ailleurs, le nekketsu est relativement peu présent dans ce manga. Certes, Osawa fait preuve d’une motivation sans faille mais on ne le voit pas renverser des situations perdues d’avance grâce à son « sang bouillant ». Si sa volonté lui permet de résister à la douleur plus longtemps que ses concurrents, à aucun moment on a la désagréable impression qu’il a un pouvoir magique à l’instar d’un Ippo par exemple. Du coup, Regatta apparait plus réaliste, plus adulte même que la plupart des mangas de ce genre.

On retrouve ce côté mature avec la relation Osawa-Kurata-Misao. Certes, les triangles amoureux sont légions dans les mangas sportifs, les deux hommes s’affrontant pour les beaux yeux de la fille qu’ils aiment. Là où Regatta se différencie, c’est qu’un des deux prétendants est mort. Et bien sûr cela change la donne. Misao et Osawa ont l’impression qu’ils trahiraient Kurata s’ils sortaient ensemble, d’autant plus que la belle est toujours amoureuse de son premier petit copain. Je vous laisse découvrir les circonstances de la mort de Kurata, vous verrez que cela ne fait que complexifier le deuil des protagonistes.

Rarement un mort aura été aussi présent dans un manga que Kurata l’est dans Regatta. Osawa va souvent se recueillir devant les rames de son ami, Misao pense très souvent à lui et le lecteur a droit à de nombreux flashback qui permettent de mieux cerner le personnage. Tout cela installe une ambiance assez nostalgique, les deux héros de l’histoire n’arrivant pas à oublier celui qui n’est plus là. Le lecteur se demandera souvent si Osawa se bat pour respecter la promesse qu’il a faite à la femme qu’il aime, s’il le fait pour accomplir le rêve de son ami ou pour lui même. Vous l’aurez compris, même si l’humour n’est pas totalement absent, Regatta est plutôt à ranger du côté des romances dramatiques.

Un dernier petit mot sur les excellents dessins. Le charadesign a un petit côté vieillot pas désagréable du tout, il se démarque clairement de la production actuelle. On pourra juste reprocher que de profil, les personnages féminins ne ressemblent pas à grand chose. Bref, si tout le monde n’accrochera pas à ce style graphique, personnellement j’aime beaucoup. Par contre, le découpage des cases fera l’unanimité : il est parfait. Les cases sont de tailles différentes, elles se chevauchent, s’encastrent, disparaissent, le tout rendant la lecture très rythmée. Ce découpage parvient même à rendre dynamiques les courses d’aviron, d’ordinaire plutôt statiques. Un dynamisme également retransmis par l’utilisation parfaite des traits de vitesse.

 

Même si le sujet est susceptible d’intéresser peu de monde, Regatta est un manga à découvrir. Les excellents dessins servent une histoire mature, réaliste où le sport et la romance se partagent la vedette. Les passages humoristiques détendent efficacement une atmosphère teintée de mélancolie. Regatta parle intelligemment d’aviron, d’amour et de deuil ; je vous recommande donc chaudement de vous procurer les 6 tomes de cette histoire.

Afterschool Charisma et Front Mission : petites déceptions.

Spoiler : aucun

La plupart du temps, la lecture d’un premier tome permet de se faire une assez bonne idée du contenu d’une œuvre. Dès les premières planches, j’ai tout de suite su que Gunnm, Kenshin ou GTO me plairaient. À l’inverse, la médiocrité de certains titres, pour ne pas dire leur nullité absolue, ne laisse aucun doute dès les premiers coups d’œil.

Mais certaines œuvres aiment vous jouer des tours. Il y a bien sûr celles qui commencent de façon très moyenne et qui s’améliorent continuellement, surprenant ainsi un lecteur qui ne s’attendait pas à cette hausse de qualité. Je ne parlerais pas de ceux-là, étant trop impatient (et trop fauché) pour continuer à lire une œuvre qui ne me plait pas. Non je vais plutôt évoquer les pétards mouillés, ceux qui auraient pu être géniaux, précurseurs, cultes et puis finalement pas tellement non…

Afterschool Charisma

L’idée de base est excellente, jugez plutôt : St Kleio est une académie qui élève (dans tous les sens du terme) des clones de personnages célèbres. Mais un jour, le clone de JFK se fait assassiner dans les mêmes circonstances que son original. Le destin des clones est-il immuable ?

Le scénario est pas mal du tout, alternant phases de school-life et moments plus angoissants. Le charadesign est également très bon, même si les clones ressemblent à tout sauf à leur modèle ce qui scientifiquement me semble un peu zarb. À la fin du premier volume, on sent venir un truc assez prometteur : des questionnements existentiels, de la violence, de la tranche de vie, Marie Curie à poil etc… Malheureusement, ce manga peine à trouver son rythme, même après 6 tomes.

Ce n’est pas mauvais bien sûr. C’est juste qu’à la fin de la lecture, si on se pose la question « qu’est ce que j’ai vu d’intéressant dans ce tome », on a du mal à trouver la réponse. À l’instar de l’anime Bamboo Blade, ce manga est un spécialiste des cliffhangers foireux. Un suspens de dingue clôture la dernière scène, on a hâte d’avoir le prochain tome et finalement, le soufflé retombe aussi vite qu’il est monté. Et ça fait ça à chaque tome ! Et comme un con, je continue d’y croire, je vais acheter le 7ème en espérant que l’histoire décolle enfin. C’est un peu comme une éjaculation précoce : à chaque coup, on se dit « Ah cette fois c’est bon je le sens bien », et plouf, c’est fini avant même d’avoir commencé.

Hitler, sans moustache et sans charisme.

Front Mission : Dog Life & Dog Style

En ce début d’année 2012, toute la blogosphère parle du petit dernier de Ki-oon, un manga adulte avec une histoire profonde et un dessin soigné. Sorte de « manga militaire anti-militariste », Front Mission narre le destin tragique d’un journaliste qui se trouve coincé sur une petite île du pacifique où éclate un conflit entre deux superpuissances. Il se retrouve confronté à toutes les horreurs de la guerre : la violence, la peur et le désespoir.

Il s’agit d’une critique sans concession de l’injustice de la guerre qui touche indistinctement militaires et civils. Les médias en prennent également pour leurs grades, le conflit étant ramené à un simple évènement dont on parle tant que ça intéresse le public, guère différent d’un match de baseball ou d’un mariage princier. Un public lui aussi visé, tantôt indifférent tantôt voyeur, qui trouve la guerre cool tant qu’elle se déroule loin de chez lui.
Bref, Front Mission est un manga irréprochable d’un point de vue graphique et doté d’un scénario intelligent et non manichéen.

Enfin ça c’est le premier tome hein. Parce qu’après, c’est juste un manga d’action, militariste à fond et ultra binaire (OCU = gentils, USN = méchants). Le fait qu’on ne suive qu’un seul camp appuie bien cette idée. Tenez, c’est exactement comme la saga Rambo. Le premier film est une critique acerbe du sort réservé aux vétérans du Viêtnam. Un véritable chef d’œuvre, oppressant, doté d’une vraie réflexion sur le sort de ces machines à tuer, renvoyées à la vie civile sans aucun débouché (le dernier dialogue entre Rambo et le Colonel est tout bonnement génial). Et à partir de Rambo II, on a juste Stallone qui tue plein de méchants communistes.

Et ben là c’est pareil : dès le tome 2, on a le droit à un super soldat super musclé qui sauve une fille super jolie de soldats ennemis super méchants. Le 4ème tome récemment sorti est certes nettement moins manichéen, mais l’histoire reste très peu intéressante. Bon le dessin est toujours nickel, je vais acheter le tome 5 mais si le niveau reste le même, je ferais l’impasse sur le 6. Dommage, ça partait tellement bien…

Regard déterminé, mâchoire carrée, bienvenue dans l’armée où vous allez tous crever.

Et vous, est ce que vous connaissez des mangas, toujours suffisamment bons pour que vous continuiez à les acheter mais qui laissait espérer nettement mieux à la lecture du premier tome ?

J’ai testé pour vous : la paire et le sabre.

Aujourd’hui est un grand jour : c’est avec émotion que je vous présente le tout premier billet NSFW de ce blog ! Car je ne vais pas jouer les allumeuses, si vous êtes en train de lire cet article c’est parce que vous voulez voir des boobs, alors je vais vous en donner petits saligauds !

Je vous livre le synopsis tiré du manga sans en changer une virgule parce que franchement, il est priceless :

« Ce monde repose entièrement sur les seins. Une poitrine généreuse apporte le bonheur et l’absence de poitrine son lot de misère.

Nous somme à la paisible ère Edo, sous le règne absurde des Tokugawa. A l’époque, il y avait un groupe très influent soutenant la politique du gouvernement, commanditant des assassinats et protégeant des filles à fortes poitrines. C’était le clan Manyû. L’art du sabre de l’école Manyû, l’Ecole du Sein Maléfique, abolit le corps et retient la poitrine. Les écrits secrets enfermés dans leur dojo rassemble les techniques venues de tout le pays pour avoir une belle et généreuse poitrine. »

On croie à une blague, une parodie mais non non, c’est bien la trame de ce manga ! On va donc suivre Chibo, une samurai à gros seins qui s’est enfuie de son clan et qui va voyager à travers le japon en sauvant les gentils et en réduisant la poitrine des méchantes…wat ?

Ah oui parce que je n’ai pas précisé, lorsqu’elle donne un coup de sabre aux nibards d’une ennemie, il n’y a pas une goutte de sang. Par contre, les seins de la victime sont transférés sur Chibo. À l’arrivée, on a une planche à pain d’un côté et un bonnet F de l’autre…

Bon, on va poser un voile pudique sur le scénario pour passer directement aux dessins. Ceux-ci sont franchement pas mal. Faut dire que vu l’histoire, on s’attend à un pauvre hentai vite torché. Mais les décors sont plutôt beaux et détaillés, on sent que le mangaka s’est un peu plus foulé sur le graphisme que sur l’intrigue.

Par contre, et c’est dommage parce qu’il y en a un paquet, les combats sont pas terribles. C’est vite expédié, en 2-3 pages c’est réglé. On a la désagréable impression que l’auteur sait qu’il n’est pas bon pour ça, qu’il n’aime pas ça et qu’il s’est dit que de toute façon, les gens n’achèteront pas ce manga pour ça.

Oui parce qu’on va arrêter de tourner autour du pot, la seule raison d’être de ce manga est l’ecchi. Est ce que c’est réussi au moins ? Ben désolé ami pervers, mais non pas vraiment. Si les seins sont effectivement plutôt bien représentés, le nombre de situations chaudes est assez restraint.  En fait, lire ce billet vous fait gagner du temps car toutes les images érotiques ou presque  du tome 1 sont ici. Vous pouvez me remercier, je vous ai fait économiser 7€95 (cher quand même hein)

Non franchement, si vous voulez mater des boobs, passez directement au hentai, ce manga n’en vaut vraiment pas la peine.

Otaku Girls : voilà c’est fini…

Récemment est sorti le 7ème et dernier tome d’Otaku Girls, le seul shôjo dans ma petite collection de manga. Pour ceux qui n’en auraient jamais entendu parler, voici un bref synopsis.

On suit les aventures de 2 couples de lycéens un peu particuliers puisque les filles sont des otakus (ah vous l’attendiez pas celle-là), fan de yaoi et auteures de dôjinshi. Fantasmant sur les amours entre mecs, elles éprouvent les pires difficultés à avoir une relation stable avec l’élu de leurs cœurs. Et encore, le terme « relation » est très exagéré pour le couple vedette.

Nous avons donc Rumi, l’héroïne de l’histoire (et probablement l’incarnation de la mangaka Konjoh Natsumi), enfermée dans son délire « yaoiste » permanent et absolument incapable de s’imaginer vivre une relation normale avec le garçon qui l’aime, Abe. Ce dernier, peu doué avec les filles et ne comprenant rien à l’univers de Rumi, vivra un véritable calvaire tout au long de l’histoire. Ces 2 personnages hauts en couleur  sont le principal élément comique du manga.

L’autre couple, un poil plus conventionnel sera nettement moins intéressant. Il s’agit presque d’un couple « normal » de shôjo, si ce n’est la personnalité du beau gosse de service, Chiba, roi de la vanne qui n’hésite pas à se foutre de la tronche de son meilleur pote Abe.

En dehors de ces 4 personnages, nous retrouvons Tsukamoto, un judoka homosexuel amoureux de Chiba. Il donnera toujours de bons conseils et sera une épaule réconfortante pour les 2 héroïnes. Il est assez symbolique de voir que le seul personnage ouvertement homo de l’histoire est également le plus naturel, le plus normal.

Et puis il y a Momose. Un fujoshi refoulée, manipulatrice qui fera vivre les pires horreurs à nos otakettes. Bref, une belle petite garce comme je les aime. J’extrapole sûrement, mais elle représente peut être la face obscure de Konjoh Natsumi (et de toutes les mangakas) : elle ment et cache sa personnalité au lycée pour ne pas être exclue du groupe, la solitude semble être la pire de ses craintes. Elle n’est pas profondément mauvaise, elle veut juste tellement rentrer dans le moule qu’elle en vient à rejeter ses passions. Heureusement, tout est bien qui finit bien, Momose finit par s’accepter et devient l’amie de celles qu’elle tourmentait par le passé. Notons que cette évolution, quoiqu’un poil rapide, est plutôt bien amenée : c’est en subissant ce qu’elle a fait subir aux autres qu’elle comprend son erreur.

Je me demande si le fait qu’elle sorte à la fin de l’histoire avec un otaku à lunettes mal dans sa peau n’est pas un appel du pied à tous les lecteurs mâles de ce manga. Alors certes, c’est un shôjo, mais la présence de fan service dans pas mal de scènes me fait penser que les garçons sont également un public dragué par Otaku Girls.

Même si certaines réflexions romantiques m’ont royalement emmerdés (shôjo oblige), j’ai passé un très bon moment en lisant ce manga. La première chose qui m’a fait accrocher est l’humour omniprésent. Au-delà des quiproquos Rumi/Abe, l’auteure introduit régulièrement des petits gags de situation, reposant essentiellement sur des vannes bien amenées (félicitons au passage le traducteur français qui a fait du super boulot).

Point non négligeable, le manga a une vraie fin. Certes sans surprises, elle arrive avec un bon timing. Plus tôt on aurait eu l’impression qu’elle était expédiée, plus tard l’histoire aurait inutilement trainée en longueur. Alors c’est vrai, la morale « acceptez vous comme vous êtes ! » est un peu lourde et facile. Mais qu’importe, voici un shôjo très agréable à lire avec pas mal d’humour et qui dépeint, je crois de manière assez fidèle, la vie pas facile d’auteur de dôjinshi yaoi.

Edit : arrivé en fin d’article, je me relis et là, j’ai un doute…après une petite recherche, il s’avère qu’Otaku Girls est en fait un seinen ! Tant pis, j’assume, je modifie pas le billet. Á noter qu’il a reçu le prix du meilleur shôjo à la Japan Expo 2010…comme quoi…

Gunsmith Cats : jolies poupées, gros flingues et supercars.

 

Vous pensez que les voitures électriques représentent l’avenir des moyens de transport ? Vous êtes convaincu que le second amendement de la constitution américaine est une horreur sans nom ? Qu’est ce que vous foutez sur mon blog, bande de bobos dégénérés, foutez-moi le camp ! Ici, on va parler d’un manga, d’un vrai, pas un truc pour les petits garçons : Gunsmith Cats que ça s’appelle !

Commençons par le synopsis : Rally Vincent est une chasseuse de prime qui……oh putain ! La fille s’appelle Rally Vincent ! RALLY VINCENT ! C’est pas le nom le plus cool que vous avez jamais vu ! Et son équipière s’appelle Minnie Mey ! Et le personnage masculin s’appelle Bean Bandit ! BEAN BANDIT ! Qu’est ce qu’on s’en branle du synopsis, avec des persos aux noms aussi classes, vous devriez même plus être devant votre écran, vous êtes surement en train de courir acheter le manga, si c’était pas déjà fait !

Kenichi Sonoda aime 3 choses dans la vie : les filles, les flingues et les voitures. En somme, c’est un mec bien. Et comme le gars est en plus futé, il a la bonne idée de délocaliser l’intégralité de l’action de Gunsmith Cats aux States, un pays où les 3 plaisirs cités sont rois ! L’action se déroule donc à Chicago. L’ensemble des décors est d’ailleurs très bien représenté : le centre ville avec ses gratte-ciels scintillants, les quartiers pauvres bien craignos, les banlieues chics, et de grandes autoroutes constamment désertes (c’est mieux pour les courses poursuites)…Bref, l’immersion est totale, d’autant plus que toutes les minorités composant la société américaine sont présentes dans ce manga.

On retrouve également le réalisme au niveau des armes à feu. Ces dernières sont photo-réalistes et on y apprend  pas mal de choses : le prix de vente d’un Glock, la puissance d’un Desert Eagle, quel genre de flingue bon marché utilise les dealers, quelle est la différence entre un pistolet original et une copie…Même si vous n’êtes pas fan d’armes à feu, un tel souci du détail ne peut que vous plaire. C’est tellement bien quand un mangaka se renseigne un minimum sur le sujet qu’il traite.

Si vous pensez tout connaitre des courses de voitures parce que vous avez vu Inital-D, détrompez vous. Des sportives japonaises dérapant joyeusement sur des routes  sinueuses sont ici remplacées par de grosses américaines des années 60-70 roulant plein gaz sur de grands axes autoroutiers. Chaque voiture est parfaitement décrite en terme de puissance, d’adhérence etc…Par contre, certaines cascades sont vraiment trop tirées par les cheveux : la voiture de Rally dérape, va percuter une petite fille, mais l’héroine fait passer celle-ci à travers l’habitacle en ouvrant les portières, avant de gentiment la reposer de l’autre côté…le tout à 100 km/h bien sûr…

 

J’ai parlé des flingues, des caisses…y en a un paquet qui doit se demander « bon quand est ce qu’il nous parle des jolies poupées ? » Ça vient, ça vient. Et à ce niveau là, vous allez être gâtés ! Qu’est que je vous sers ? Une indienne à la peau mate, un peu garçon manqué ? Une lolita blonde avide de sexe ? Une fille des rues franchement mignonne ? Ou une BCBG à lunettes ? A moins que vous ne craquiez sur Goldie, une dominatrice lesbienne ?

Mais ne vous inquiétez pas les filles, il y a aussi des beaux mecs. Bean Bandit est le symbole de virilité : il est grand, fort comme un turc, possède une pléthore de voitures de sport et, cerise sur le gâteau, il se bat avec des couteaux ! Un vrai héros américain comme on n’en fait plus depuis  Steven Seagal. Dans un autre genre il y a Ken, l’expert en explosive nippon. A ce sujet, c’est d’ailleurs drôle que le seul japonais de l’histoire soit un pédophile notoire (sa relation avec Minnie Mey est franchement malsaine).

Il  y  a un point commun entre ces persos : ils ont TOUS un caractère bien trempé ! Pas de charisme d’huître, pas de faire valoir. Ils ont tous une histoire et une personnalité propre. Du coup, les interactions entre toutes ces fortes têtes apportent pas mal de piment. On s’engueule, on se réconcilie, on négocie (surtout sur les partages des primes).  Bref, tout est question de compromis, on est pas là pour se balader gaiement main dans la main en combattant le maaaaal (sur de nombreux points, Rally et Mey ne respectent d’ailleurs pas la loi)

 

Mixant de grosses scènes d’action, des persos badass et un documentaire sur les armes et voitures de sport, Kenichi Sonada nous livre là un petit chef d’œuvre de nervosité. De par son originalité, Gunsmith Cats me paraît vraiment être incontournable.

Une suite aux 8 tomes originaux est actuellement en cours de parution : Gunsmith Cats Burst. Je compte bien me la procurer mais ce serait bien si un de mes lecteurs pouvait me dire ce qu’il en pense (sans spoiler bien sûr)