The Legend of Heroes : Trails in the Sky

Niveau de spoil : aucun

The Legend of Heroes : Trails in the Sky (que je vais appeler dans cet article « ce jeu » c’est plus court) est un RPG sorti sur PSP, portage d’un jeu PC de 2004.

On y suit les aventures d’Estelle et de son frère Joshua, deux adolescents de 16 ans appartenant à une guilde d’aventuriers. En réalité, Joshua a été adopté par le père d’Estelle, donc ils partagent pas le même sang, donc Estelle va pouvoir tomber amoureuse de lui sans qu’on parle d’inceste et peu importe s’ils ont vécu comme des frères et sœurs pendant des années hein. Ils vont ensuite partir en voyage aux 4 coins de leur royaume afin de finaliser leur entrainement et là, ils rencontreront de nombreux personnages hauts en couleur et participeront à moult aventures. Scénario bateau hein ?

Et c’est vrai que durant une bonne partie du jeu, on est pas emballé. Oh le scénario n’est pas mal écrit (j’y reviendrais) mais les intrigues sont plutôt convenues et, il faut le dire, nos 2 héros manquent cruellement de charisme et de profondeur. Si on évite les clichés (pas de tsundere, de codeere etc…), on a beaucoup de mal à s’attacher à eux et donc, à ce qui leur arrive.

Heureusement, le dernier chapitre (le jeu en comporte 4) est nettement plus intéressant. L’action est d’avantage rythmée et cette histoire de conspiration -je n’en dis pas plus- tient la route. Et c’est seulement à ce moment là qu’on se rend compte que le scénario est globalement pas mal foutu. Tous les évènements vécus dans les précédents chapitres sont reliés entre eux et participent à l’édification de l’ensemble de l’histoire. Pas de « moments WTF », trop souvent présents dans les J-RPG. Bref, pas de quoi sauter au plafond mais on sent qu’il y a eu une réelle volonté d’écrire une histoire crédible, c’est à saluer.

Beaucoup de dialogue dans le jeu, on se rapproche souvent plus d’un VN que d’un RPG.

Il convient de préciser que ce jeu est le premier volet d’une trilogie. D’ailleurs, la fin ouverte est magnifique et les personnages, oh miracle, prennent soudainement de l’épaisseur. Bref, on finit le jeu en beauté afin de donner l’envie au joueur, et c’est réussi, d’acheter le second volet. Et c’est là tout le problème. Rétrospectivement j’ai un peu l’impression d’avoir joué à la gigantesque introduction d’une histoire plus conséquente. Alors comment juger ce jeu ? En tant qu’introduction à cet univers, c’est très réussi : on découvre les personnages, les lieux, le contexte de ce royaume imaginaire. On suit l’évolution des  personnages, lente mais progressive. Et à la fin de l’introduction, on se dit « chouette la suite va être géniale ». Le problème, c’est que le jeu est vendu en tant que tel avec un début et une fin. Soyons franc, une si longue introduction (j’ai fini le jeu en 46 heures) est barbante, sauf si le jeu est parfait ce qui est loin d’être le cas.

En plus des défauts que je viens de nommer, le niveau de difficulté est très mal géré. Durant la première moitié du jeu, vous tomberez souvent sur des boss imbattables. Après deux branlées prises contre eux, le troisième combat sera par contre d’une facilité déconcertante, l’ennemi ne vous fera pratiquement plus de dégâts. Si on peut saluer l’initiative d’adapter le niveau de difficulté aux échecs du joueur, la transition est trop brutale ; et comme chacun sait, un combat trop facile n’est pas plus intéressant qu’un combat trop difficile. À ce sujet, je ne sais pas quelle mouche a piqué les développeurs mais durant toute la seconde partie du jeu, les ennemis sont d’une facilité déconcertante.

Le système de progression est hautement modulable pour chaque personnage.

C’est dommage que la difficulté soit aussi mal foutue car le système de combat est relativement original. En plus des classiques attaques physiques et magiques, il existe une troisième forme d’attaque : le craft. La jauge de craft monte à chaque coup que donne ou reçoit le personnage. Celui-ci peut dépenser des points de craft pour tenter une attaque spéciale. Si la jauge est remplie, il peut même lancer une « super » attaque dévastatrice qui en contrepartie videra totalement la jauge.

À l’inverse d’un Persona ou d’un Final Fantasy, la position des personnages, alliés et ennemis n’est pas fixe : tous les combattants se trouvent sur une sorte de damier. Pour tenter une attaque physique, le personnage doit se déplacer jusqu’à l’ennemi. Il faut donc prendre en compte la portée des différentes armes et les capacités de mouvements des différents persos. Certains attaques magiques permettent également d’attaquer une zone ce qui permet de blesser plusieurs ennemis à la fois. Mais attention : entre le moment où le personnage prépare son sort et le moment où ce dernier est effectif, les ennemis ont pu avoir le temps de se déplacer. Car oui, il ne s’agit pas  d’un bête système de tour par tour : selon la caractéristique « vitesse » des protagonistes, un personnage aura le temps de jouer deux fois entre deux attaques d’un autre. Si vous ajoutez à cela certains sorts et équipements qui permettent d’augmenter la vitesse, le côté stratégique de chaque combat est clairement mis en avant. Encore une fois, quel dommage que cela soit gâché par des combats impossibles ou trop faciles.

Le fameux damier (en bleu) et la zone de dégât (cercle rouge)

J’ai lu quelques critiques sur le graphisme qui commencerait à dater. Franchement, je n’ai rien trouvé à redire sur ce sujet. Les décors des villes sont très fournis en détail et les monstres sont plutôt pas mal foutus. Le charadesign est quant à lui tout bonnement excellent : tous les personnages, même secondaires, ont une identité visuelle qui leur est propre, les expressions faciales étant également très bien représentés. Seul bémol : le contraste pas assez net entre le texte (et il y en a beaucoup) des dialogues et le fond, ce qui gêne la lecture. Non honnêtement le graphisme est très réussi, tout comme la musique d’ailleurs. De très beaux thèmes qui sont peut être un peu trop réutilisés au cours du jeu. Mais bon, c’est un reproche que je fais à quasiment tous les jeux et tous les animes, je dois être trop difficile sur ce sujet. À noter la totale absence de doublage.

Finalement, The Legend of Heroes : Trails in the Sky est un jeu qui possède autant de qualités (système de combat, graphisme, musiques) que de défauts (difficulté, personnages principaux, mise en route trop longue). À l’arrivée, nous avons un jeu soigné, doté d’un univers crédible qui donne envie de découvrir la suite mais qui se révèle toutefois peu enthousiasmant.

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