Histoire d’une passion

En y réfléchissant bien, ce billet aurait pu être le premier du blog. Comment ai-je découvert les mangas et l’animation japonaise ? Grâce à qui ? Quand ? Et comment s’est développée cette passion ? Certes, c’est de l’ego-blogging qui ne vous apportera sûrement pas grand chose. Mais tant pis, voici mon histoire, faites en ce qu’il vous plaira.

Époque découverte (2001-2002)

Si j’ai regardé mes premiers animes au Club Dorothée, c’est au lycée que j’ai vraiment mis le doigt dans cet univers. En 2001, un ami (Flouze si tu me lis, merci encore) fan de manga -car le terme otaku n’était pas très répandu à l’époque- lisait ce genre de BD dont je n’avais que vaguement entendu parler. Certes, j’avais du feuilleter un Dragon Ball chez un pote de collège, mais je n’avais encore jamais vraiment lu de manga. Le premier qu’il m’a prêté était You’re Under Arrest. J’avoue que je n’en garde pas un souvenir impérissable. Par contre, lorsqu’il m’a filé le 1er tome de Gunnm, ça a été le déclic ! Malgré sa réticence (car c’est connu, on ne prête JAMAIS un manga), il a accepté de me donner la suite et j’ai instantanément commandé les 9 volumes. Gunnm est toujours mon manga préféré. La passion était lancée, rien ne pourrait l’arrêter (malgré les lâches attaques des tsundere !)

En tout cas, on peut dire que mon pote avait bon goût, car il m’a ensuite fait découvrir Cowboy Bebop. Il y a pire comme initiation, non ? Bon, il n’y avait que les 4 premiers épisodes sur la K7 qu’il m’avait prêté, j’ai du attendre la diffusion sur Canal pour voir la suite. Mais c’était mon premier contact avec les animes « modernes ». Toujours au lycée, j’ai lu Akira, Rookies et j’ai commencé GTO. J’ai ensuite acheté l’OAV de Street Fighter II (on ne rigole pas!) avant de trouver pour une bouchée de pain Slayers Next et Slayers Try. J’ai également commencé à lire Animeland et à mettre des posters de japanim’ dans ma chambre (ils y sont toujours).

Si je ne connaissais aucun terme technique de japanim’, aucun nom de seiyû ou de studio, je savais que désormais la japanim’ serait une passion pour moi (je précise bien : UNE passion, pas la seule)

Époque Canal+ (2001-2005)

Pendant très longtemps, je n’ai eu ni ordinateur ni les moyens financiers de me procurer des animes. Si je continuais d’acheter quelques mangas (Evangelion et GTO) et d’en lire en douce à la FNAC (Kenshin), il m’était impossible de voir des animes ailleurs qu’à la télévision. Heureusement, de temps en temps, Canal+ proposait des séries de qualité. Étant trop jeune, j’ai raté la diffusion d’Evangelion, mais pas celle de Cowboy Bebop (un des mes anime favori) et d’Escaflowne (ma première série de mécha). Il y eu ensuite Serial Experimental Lain (rediffusée à une heure tardive en VOST) dont je n’ai toujours pas capté le scénario, puis Noir, GTO, Monster etc… Il y eu aussi des superbes films comme Jin-Roh et celui, magnifique, de Kenshin (en fait des OAV mises bout à bout). M6 avait craqué son slip en diffusant le début de Gundam Wing (qui confirma mon aversion pour les méchas) et le film de Ghost In The Shell (que j’enregistra et regarda 5-6 fois, essayant vainement de piger l’histoire). Même France 2 avait fait un essai avec You’re Under Arrest (renommé « équipières de choc ») et Love Hina, séries tout 2 vite arrêtées.

La plupart de ces animes n’étaient pas géniaux mais n’ayant pas le choix, je regardais tout ce qui me passait sous les yeux, enregistrant mes préférés. Cette période a très probablement renforcé mon esprit critique. Lorsqu’on a une profusion d’anime sous la main, on zappe vite ceux qui ne nous plaisent pas (c’est mon gros défaut : j’abandonne très/trop vite une série). Mais devant le manque de choix, on regarde jusqu’au bout tous les animes qu’ils nous plaisent ou pas, on les décortiques, les analyses, on se repasse certaines scènes 10 fois. Bref, on prend son temps.

Époque tipiak (2005-)

Oui, c’est vrai, c’est pas bien de pirater. Après avoir enfoncé cette porte ouverte, je dois avouer que l’achat d’un ordinateur a tout changé : je pouvais enfin choisir les animes que je regardais. Enfin presque. Parce qu’au début, n’ayant jamais entendu parler de DDL, de streaming ou de torrent, je me contentais de ce que je trouvais sur E-Mule. La première série que j’ai vu était Hellsing. À l’époque, je la trouvais géniale même si avec le recul, cet anime est pas si terrible que ça (mais ça reste une série « historiquement spéciale » pour moi). Ensuite, je me suis farci l’intégrale de Shaman King et de Samurai Deeper Kyo…il était vraiment temps que je sois un peu plus exigent.

Pour ne pas reproduire les mêmes erreurs (oui parce que mater les 64 épisodes de Shaman King, c’est une erreur), j’ai fréquenté des forums où je pouvais partager et lire des avis sur telle ou telle série. J’ai passé quelques temps sur un forum  Shaman King (ne me jugez pas), puis sur Anime-Kun. C’est toujours grâce à ce dernier et à sa base de données que je fais mes choix. Mon très faible niveau d’anglais m’impose également une limite: je suis obligé de me tourner vers des animes subbés par des teams francophones. Depuis quelques années, certains billets de la blogosphère française m’ont également permis de découvrir des petites perles (la dernière en date étant Front Mission, pas moins de 6 articles en ce début d’année). Petite précision : je télécharge des animes mais je ne lis jamais de scantrad.

Bien sûr, durant cette période ma passion a connu des hauts et des bas. Ma plus grosse période de doute s’est passée en 2006/2007 : j’avais beau multiplier les expériences, regarder différents genres d’anime, différents formats, faire une pause dans mes visionnages et y revenir : rien ne me plaisait. Je me demandais si je n’étais pas trop vieux pour regarder des DA, si je « vibrerais » à nouveau pour la japanim’. Heureusement, en juin 2007, j’ai vu La mélancolie de Suzumiya Haruhi. Cet anime, qui a autant de fans que de détracteurs, a reboosté ma passion : oui, il était possible d’avoir une histoire originale avec un duo de personnages originaux.

Depuis, je cherche toujours le nouveau SHNY, un anime dont je pourrais voir les épisodes 4-5 fois sans me lasser. Et j’avoue que  je traverse une période plutôt creuse (voir mon famélique bilan 2011). Début 2012 ça va un peu mieux : j’ai enchainé les 2 saisons de Hajime no Ippo, Kurenai et Persona 4 The Animation (dont l’excellent travail d’adaptation mériterait un billet)

Époque blog (2010-)

Depuis 2008 environ, je consultais plus ou moins régulièrement des blogs en utilisant feu blogchan. Mais c’est seulement au cours de l’été 2010 que j’ai décidé de lancer le mien. À l’époque, j’avais travaillé quelques jours dans une usine. Et quand vous faites ce boulot, seul devant votre machine, vous avez pas mal de temps de cerveau disponible. Et c’est pendant que je cogitais que j’ai eu l’idée des matchs ainsi que quelques autres billets. Oh, je n’avais pas de grandes ambitions , lorsque le blog a été lancé je m’étais fixé une dizaine de billets (ceux que j’avais déjà écrit « mentalement »).

Et puis vous savez ce que c’est, on finit par se prendre au jeu, une fois la dizaine de billets atteinte, on se fixe la barre symbolique des 20, on regarde plus attentivement les statistiques des visites, on se fait faire une nouvelle bannière. On est encouragé par les commentaires, d’abord ceux des potes d’Anime-Kun puis par d’autres. Et il y a aussi la présence sur des agrégateurs comme Sama ou Nanami qui responsabilise pas mal la feignasse que je suis (parce qu’on peut décemment pas s’inscrire sur un agrégateur, puis laissez tomber quelques articles plus tard).

Mais qu’est ce que le blog a changé à ma passion ? Simple : alors que je ne faisais que recevoir des conseils via internet, j’ai pu également en donner en faisant partager ma passion pour certains titres. Jusque là, je publiais de courtes critiques sur Anime-Kun, mais à travers le blog, j’ai pu toucher un autre cercle de passionnés. Quelle agréable sensation j’ai ressenti quand Mackie a lu, apprécié et chroniqué un manga que je lui avais conseillé ici.

 

Voilà plus ou moins où j’en suis actuellement. J’ignore ce qu’il adviendra de cette passion. Vais-je finir par me lasser ? Il est fort probable que ma consommation d’anime continue de fluctuer fortement, mais je pense que je lirais toujours des mangas. Si en effet il peut se dérouler des mois entre 2 visionnages d’anime, je lis toujours 3 ou 4 séries en parallèle.

Bon, je ne sais pas trop si ce billet vous a intéressé mais personnellement, ça m’a fait du bien de me remémorer le passé… ♫ souvenirs souvenirs ♫

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12 Réponses

  1. Je ne savais pas que ça t’avais fait de l’effet de me faire découvrir un manga ! Je ne suis pas sûr d’en avoir fait autant pour d’autres…

    Blague à part, ceci prouve, s’il en était besoin, que tu as des choses à écrire… Et en lisant ton présent billet, certains blasés trouveront ton parcours banal, pas moi, car étant d’une génération précédente, j’ai raté les évènements du post Club-Do. Je comprends mieux certains choses.

    Il me semble par exemple, dis-moi si je me trompe, que ce qui est peut-être une des causes d’une certaine lassitude chez plusieurs blogueurs, c’est l’impression d’avoir fait le tour de la question après avoir découvert d’un seul coup des trucs aussi gros que ceux que tu cites (Cowboy Bebop, Noir, Escaflowne, NGE… et GTO, Gunnm…), alors que depuis, il faut se « contenter » de la production récente, avec une surabondance de titres au milieu de laquelle on n’arrive pas tout de suite à dégager les nouveaux futurs classiques…

    • Je ne savais pas que ça t’avais fait de l’effet de me faire découvrir un manga !

      -> c’était la première fois que ça arrive, ça fait toujours quelque chose de particulier.

      ce qui est peut-être une des causes d’une certaine lassitude chez plusieurs blogueurs, c’est l’impression d’avoir fait le tour de la question après avoir découvert d’un seul coup des trucs aussi gros que ceux que tu cites, alors que depuis, il faut se “contenter” de la production récente

      -> oui tu a tout à fait raison, c’est probablement de là que vient le fameux « c’était mieux avant » : en fait c’est pas forcément que c’était mieux (quoique), c’est juste que le temps à permis d’effectuer un tri parmi les œuvres. Malgré cela, certains titres parviennent encore à émerger lors de leurs sorties actuelles…

  2. Tiens c’est cool je ne suis pas le seul à avoir sérieusement pu suivre la japanimation en 2007 et avoir regardé paquet de merde avant de chercher des conseils sur le net

    J’ai connu cb et Evangelion en 2012 d’ailleurs

  3. « 2001 […] -car le terme otaku n’était pas très répandu à l’époque »

    Ah ah ah !

    Protip : ce n’est pas parce que tu n’était pas dans une sous-culture à un instant t que cette dernière n’avait pas déjà eu une existence riche avant.

    • Qui utilisait ce terme à cette époque en France ? Même sur Animeland, ils n’en parlaient pas, mon pote fan de manga n’en avait jamais entendu parler etc…

  4. Le terme n’était virtuellement plus inconnu en France puis la diffusion du doc de Beinex en 94.
    Qui l’utilisait ? Tu veux dire, mis à part les mecs qui participaient à des conventions (epitanime, ça remonte au moins à 94-95), à des associations de fans, ou qui montaient des fanzines (« Otaku New Wave », etc) voir des boites d’éditions qui ont durées jusqu’à maintenant ? ^^;;

    La culture anime/manga était déjà largement établis en France en 2001. Mieux, elle commençait à être mieux acceptée et à se diffuser avec succès en-dehors du fandom (voir Cowboy Bebop, etc) – donc plus « visible ».

    • Qui l’utilisait ? Tu veux dire, mis à part les mecs qui participaient à des conventions (epitanime, ça remonte au moins à 94-95), à des associations de fans, ou qui montaient des fanzines (“Otaku New Wave”, etc) voir des boites d’éditions qui ont durées jusqu’à maintenant ?

      -> tout ça c’est bien beau à Paris, mais dans une petite ville de province, on n’avait jamais entendu parler de tout ça…

  5. Le terme otaku était déjà utilisé en 2000, mais au sens propre du terme, très péjoratif. Ceux qui s’auto-proclamaient otaku subissaient les quolibets des autres, comme Sébastien Jarry…

  6. Beaucoup se retrouveront dans ton parcours (je suis dans le lot d’ailleurs). Comme tu l’écris, on a des étapes, qui vont, qui viennent, qui changent. Le feu Club Dorothée nous a ouvert un monde, qu’on a rattrapé plus tard avec nos propres découvertes (mais merci à eux quand même ^^)

    Pour les animes, tu auras un moment blasé qui durera plus ou moins longtemps je pense. Mais pour les manga, c’est complètement différent je trouve. On n’y cherche pas la même chose que pour les animes. Et puis, c’est « réel ». Je veux dire par là qu’on les a en main, qu’on les sent. C’est moins virtuel. Par exemple, j’ai passé 2 ans sa mater un seul épisode (et ca ne m’a pas manqué du tout) mais ma consommation de manga a au contraire augmenté. Je me suis bien retrouvé dans ta conclusion ^^

  7. Ca dépend de ta consommation bien sur. Mais on n’est pas les seuls à baisser drastiquement de régime pour les animes, rassure-toi ^^

    Mais pour les manga, c’est différent. On s’en lasse pas ou peu. Peut-être que leur qualité est plus constante que pour les animes.

  8. Merci pour le petit historique! Moi aussi ma consommation d’animes/mangas a baissé avec le temps, mais j’avoue que j’ai toujours beaucoup de plaisir à lire des mangas, la BD restant une passion générale depuis toujours.

    Bref, à en lire les autres commentaires, on est nombreux à être comme ça 😉

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