Fight Girl : Heureux les simples d’esprit…

J’aime bien les histoires avec des cons. Parce qu’en les observant faire leurs conneries, on peut se foutre de leur gueule et se sentir supérieur. Ou alors c’est parce que je suis con aussi et que c’est marrant de m’identifier à d’autres cons. En tout cas, j’aime vraiment les cons.

Je croie que Onizuka (GTO), l’un de mes persos préféré de manga, est un des personnage les plus stupide qui existe. Et j’ai récemment découvert le pendant féminin d’Onizuka : Mafuyu de Fight Girl.

Mafuyu s’est faite virer de son ancien lycée pour cause de bagarre incessante. Arrivée dans son nouveau établissement, loin de sa ville natale et de sa famille, son principal objectif sera de ne jamais se battre pour éviter un nouveau renvoi.

Mission difficile lorsqu’elle découvre que Saeki, son professeur principal, est son ancien voisin qui l’avait initiée à la bagarre et propulsée chef de gang.

Mais quand le seul ami de Mafuyu est également un grand amateur de combat, et que ces deux idiots se font manipuler par Saeki, alors la situation devient intenable pour Mafuyu… à moins d’agir sous un déguisement.

Et ce déguisements est :

Un pauvre masque de kermesse pour enfant qui ne tromperait personne…si la plupart des protagonistes de cette histoire n’étaient pas tous débiles !

Son nouveau meilleur ami Hayasaka (et son seul véritable ami d’ailleurs) est un type adorant se battre mais qui considère qu’esquiver les coups est une méthode lâche. Il va donc joyeusement s’en prendre plein la gueule pour respecter son « code d’honneur ».  Les deux adjoints de Mafuyu, du temps où elle était chef de bande, semblent incapable de raisonner sérieusement, l’un deux arborant même fièrement son masochisme en toute occasion…

Quand aux autres voyous que Mafuyu et Hayasaka affronteront, ils rivaliseront de stupidité et d’incompétence, n’étant finalement plus que des punching ball ambulants pour notre duo d’idiots. Une des scènes les plus drôles du manga montrera d’ailleurs leur méthode de torture préférée : jouer à des jeux de société devant une Mafuyu ligotée qui ne pourra donc pas participer et sera frustrée à mort !

Parlons maintenant de cette dernière. Cette délicieuse idiote est d’un niaiserie confondante. La chose la plus insignifiante prend des proportions hallucinantes avec elle, comme le fait de demander la permission d’aller aux toilettes en plein cours, demande qui nécessite pour elle beaucoup plus de courage que d’affronter une bande de voyous.  Si vous couplez cette simplesse d’esprit à un look très enfantin, vous obtenez un personnage…moe ! C’est d’ailleurs assez étrange : le lecteur a envie de protéger Mafuyu alors que celle-ci n’a rien d’une jeune fille fragile. Au passage, étant une indapté sociale incapable de se faire des amies, Mafuyu est le seul personnage féminin de tout le manga (si vous aviez oublié que vous lisiez un shôjo, ce harem inversé est là pour vous le rappeler)

Bref, ses réactions farfelues, son attitude décalée, tout cela fait d’elle une fille drôle et attachante.

Le seul personnage à avoir un cerveau qui fonctionne un temps soit peu est donc Saeki, le jeune professeur ex-voyou. Il possède un pouvoir de manipulation et un sadisme qui en font un être effrayant, antipathique quoiqu’assez fascinant. À ce niveau de l’histoire, on ne connait pas encore son but ultime. Mais vu sa personnalité, on se doute que l’objectif de ses agissements est uniquement un enrichissement personnel.

Un dernier mot sur les graphismes, d’assez bonne facture quoi qu’un peu trop classiques à mon goût. Les bouilles de Mafuyu valent tout de même le détour.

Un shôjo avec la bagarre comme thème principal, c’est suffisamment original pour que vous donniez sa chance à ce manga injustement inconnu. J’espère toutefois que la suite continuera dans le même veine et que la relation Saeki-Mafuyu ne tendra pas vers de la romance « shôjoesque ».

Publicités

9 Réponses

  1. Le monde du manga/animé est un monde étrange où il suffit de porter un masque autour des yeux (des grosses lunettes, quoi) pour que plus personne ne te reconnaisse. C’est la logique otaku où changer de classe de perso dans un MMO te change la vie.

    Ca reste du con de luxe ce que tu nous décris, là. Qu’en est-il du vrai con de harem qu’on enverrait bien chez le boucher ? (Je teste tes convictions.)

  2. Genre le Makoto, le Shirou et autres ? Je suis pas fan du tout, mais je te rassures, Mafuyu n’a rien de ceux-là 🙂

  3. Je me disais bien, difficile de se revendiquer fan des cons jusqu’au bout.

    J’essaye juste de me remettre dans Bakuman à la suite d’une opportunité et j’ai en face de moi une belle brochette d’abrutis finis. Et là, je tombe sur un article qui commence par « En tout cas, j’aime vraiment les cons. »…

  4. Hmm…en fait, on va dire que j’aime les cons qui ont quand même une personnalité. C’est ce qui manque à la plupart des héros d’harem, c’est surtout ça qui m’énerve chez eux…par exemple, la galanterie mal placée de Shirou de F/SN me fait plutôt rire, mais pour le reste c’est une coquille vide…

    Mafuyu et les autres sont vraiment pas futés, mais ils ont du caractère, ils sont énergiques !

  5. Si tu veux des cons, regarde Gintama tiens…
    Au passage, je sais pas vraiment pourquoi mais je pense que quand je pourrai, je jetterai un oeil à ce manga. Je ne me sens pas un cœur à me lancer dans du serious business ces derniers temps.

  6. Bon, j’en entends tellement parler en ce moment, que je vais vraiment essayer de regarder quelques épisodes de Gintama…

  7. Tu peux toujours lire Hayate x Blade, sinon, un merveilleux manga qui arrive à placer le mot « idiot » dans chacun de ses titres de chapitres. Le truc, c’est grosso modo Maria-sama ga miteru, en moins subtil et avec des sabres à la place du thé.

    Ce truc est juste atrocement stupide, mais ça doit faire partie des mangas que je lis dont j’attendrai le plus une adaptation animée.

  8. Ca me tente bien. Je cherchais justement un shojo qui sortait des sentiers battus. Adjugez, vendu 😉 Tu m’avais déjà complètement converti à Otaku Girls.

  9. Par rapport à Otaku Girls : moins de romance, plus de comédie.

    Au passage, quand j’ai écrit ce billet, 4 tomes étaient sortis. J’ai depuis lu le 5ème qui a un gros passage à vide vers le milieu, mais qui reste très bon (et certains 4komas en bonus en fin de tome sont à mourir de rire).

    Ah, et l’auteure, Tsubaki Izumi, sera à la Japan Touch ce 2 Décembre…tout comme moi !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s