Otaku Girls : voilà c’est fini…

Récemment est sorti le 7ème et dernier tome d’Otaku Girls, le seul shôjo dans ma petite collection de manga. Pour ceux qui n’en auraient jamais entendu parler, voici un bref synopsis.

On suit les aventures de 2 couples de lycéens un peu particuliers puisque les filles sont des otakus (ah vous l’attendiez pas celle-là), fan de yaoi et auteures de dôjinshi. Fantasmant sur les amours entre mecs, elles éprouvent les pires difficultés à avoir une relation stable avec l’élu de leurs cœurs. Et encore, le terme « relation » est très exagéré pour le couple vedette.

Nous avons donc Rumi, l’héroïne de l’histoire (et probablement l’incarnation de la mangaka Konjoh Natsumi), enfermée dans son délire « yaoiste » permanent et absolument incapable de s’imaginer vivre une relation normale avec le garçon qui l’aime, Abe. Ce dernier, peu doué avec les filles et ne comprenant rien à l’univers de Rumi, vivra un véritable calvaire tout au long de l’histoire. Ces 2 personnages hauts en couleur  sont le principal élément comique du manga.

L’autre couple, un poil plus conventionnel sera nettement moins intéressant. Il s’agit presque d’un couple « normal » de shôjo, si ce n’est la personnalité du beau gosse de service, Chiba, roi de la vanne qui n’hésite pas à se foutre de la tronche de son meilleur pote Abe.

En dehors de ces 4 personnages, nous retrouvons Tsukamoto, un judoka homosexuel amoureux de Chiba. Il donnera toujours de bons conseils et sera une épaule réconfortante pour les 2 héroïnes. Il est assez symbolique de voir que le seul personnage ouvertement homo de l’histoire est également le plus naturel, le plus normal.

Et puis il y a Momose. Un fujoshi refoulée, manipulatrice qui fera vivre les pires horreurs à nos otakettes. Bref, une belle petite garce comme je les aime. J’extrapole sûrement, mais elle représente peut être la face obscure de Konjoh Natsumi (et de toutes les mangakas) : elle ment et cache sa personnalité au lycée pour ne pas être exclue du groupe, la solitude semble être la pire de ses craintes. Elle n’est pas profondément mauvaise, elle veut juste tellement rentrer dans le moule qu’elle en vient à rejeter ses passions. Heureusement, tout est bien qui finit bien, Momose finit par s’accepter et devient l’amie de celles qu’elle tourmentait par le passé. Notons que cette évolution, quoiqu’un poil rapide, est plutôt bien amenée : c’est en subissant ce qu’elle a fait subir aux autres qu’elle comprend son erreur.

Je me demande si le fait qu’elle sorte à la fin de l’histoire avec un otaku à lunettes mal dans sa peau n’est pas un appel du pied à tous les lecteurs mâles de ce manga. Alors certes, c’est un shôjo, mais la présence de fan service dans pas mal de scènes me fait penser que les garçons sont également un public dragué par Otaku Girls.

Même si certaines réflexions romantiques m’ont royalement emmerdés (shôjo oblige), j’ai passé un très bon moment en lisant ce manga. La première chose qui m’a fait accrocher est l’humour omniprésent. Au-delà des quiproquos Rumi/Abe, l’auteure introduit régulièrement des petits gags de situation, reposant essentiellement sur des vannes bien amenées (félicitons au passage le traducteur français qui a fait du super boulot).

Point non négligeable, le manga a une vraie fin. Certes sans surprises, elle arrive avec un bon timing. Plus tôt on aurait eu l’impression qu’elle était expédiée, plus tard l’histoire aurait inutilement trainée en longueur. Alors c’est vrai, la morale « acceptez vous comme vous êtes ! » est un peu lourde et facile. Mais qu’importe, voici un shôjo très agréable à lire avec pas mal d’humour et qui dépeint, je crois de manière assez fidèle, la vie pas facile d’auteur de dôjinshi yaoi.

Edit : arrivé en fin d’article, je me relis et là, j’ai un doute…après une petite recherche, il s’avère qu’Otaku Girls est en fait un seinen ! Tant pis, j’assume, je modifie pas le billet. Á noter qu’il a reçu le prix du meilleur shôjo à la Japan Expo 2010…comme quoi…

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8 Réponses

  1. L’erreur est légitime, ce qui m’avait d’ailleurs le plus choqué en feuilletant un volume en librairie, c’est l’aspect shôjo des dessins.

    Ça donne bien envie sinon, c’est toujours sympa les délires yaoiste, surtout quand ça ne sort pas de l’imagination ^^

  2. Oui, il y a plusieurs pièges en fait. Les titres français « Otaku GIRLS » et japonais « Moso SHOJO otaku kei », le dessin effectivement…mais je crois que ce qui m’a le plus induit en erreur est le fait que ce soit une fille qui soit l’héroine d’une histoire romantique (du moins dans le 1er tome, ça s’équilibre ensuite)

  3. Otaku Girls étant prépublié dans un mag Seinen, l’œuvre doit être considéré comme tel et s’adresse par conséquent à un public masculin à la base.
    Il vaut mieux ne pas se fier aux Japan Expo Awards pour trouver le genre d’un manga puisqu’il y a chaque année un nombre assez impressionnant d’erreurs. C’est même un Shojo qui a gagné le prix du meilleur Shonen l’année dernière c’est dire …

    Et, pour le fan service présent, cela vient probablement du fait que la mangaka a un passé dans les Doujinshi Hentai et que les habitudes ont la vie dure.

  4. J’en ai un peu entendu parler, mais le titre m’a fait fuir direct – « Otaku girls », voilà qui fleure bon le shonen-ecchi de base pour otaku en manque.

    Bon, la classification, on s’en fout un peu. Mais si Otaku girls vaut le coup, finalement, j’y jetterai un oeil… La dernière case que tu as mise ici m’a bien fait rire :p

  5. Oui d’autant que lorsqu’on parle de fanservice, c’est quand même très léger sur l’ensemble des 7 tomes.

    Yoka : tu m’a appris quelque chose, j’ignorais le passé de la mangaka (même si c’est ultra courant de commencer dans le hentai).
    Et je te rassure, je ne me fie pas à la JE pour déterminer le genre d’un manga. En général, je fais comme toi : je regarde dans quel magazine de prépublication il est apparu la première fois.
    Mais bon, comme le dit Fay, à l’arrivée c’est pas très important…

  6. Après cinq lectures de ton article, je suis converti ^^ Je vais m’y mettre et qu’importe le shojo ou seinen. Je prends 😉

  7. Cinq lectures ? Et pourquoi donc 5 ? 🙂

  8. J’aime bien ton style. Et puis comme la première lecture avait semé en moi la graine de la curiosité, il fallait que je finisse d’être convaincu 😉

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